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130e année

L’électeur en arbitre

Benjamin Busson

Dans la toute dernière ligne droite avant le premier tour de l’élection présidentielle, chaque camp abat sa dernière carte pour imposer son thème qui fera basculer la balance de son côté, pour figurer le plus haut possible. Il s’agit de se qualifier pour le second tour ou, tout au moins, peser suffisamment pour négocier un accord en vue d’un report de voix espéré dès le soir du 10 avril. Insécurité, pouvoir d’achat, affaires de dernière minute, immigration... le moindre fait divers peut être exploité, voire instrumentalisé, pour appuyer là où ça fait mal chez l’adversaire. Baroud d’honneur pour certains, écran de fumée pour masquer un programme inexistant chez d’autres, ou carrément de la pure stratégie guerrière pour les derniers.

Car dans une campagne bien morne les propositions ont finalement été bien maigres et le choix des électeurs devra donc se faire sur quelques sujets de société parfois très clivants. Celui des retraites par exemple pourrait bien jouer les arbitres, tant il est déterminant pour l’avenir de notre système français. Et sur ce thème les candidats se divisent en trois camps : ceux qui prônent une réforme sévère, les partisans de la stabilité et ceux de l’assouplissement. Au-delà de sa propre sensibilité, au moment de choisir, sur ce sujet comme sur les autres, l’électeur devra surtout déterminer la sincérité des candidats et leur capacité à tenir leurs promesses. Sur ces deux points, certains sont d’ores et déjà hors-jeu.

Benjamin Busson