L’actualité ne cesse de révéler le fossé qui s’est creusé dans notre pays entre les différents courants politiques. Le dernier en date, tragique, la mort du jeune Quentin, 23 ans, en marge d’une conférence de la militante Rima Hassan à l’Institut d’Études Politiques de Lyon. S’il ne nous appartient pas ici de commenter le parcours du jeune homme ou les convictions de la conférencière, il est en revanche essentiel de rappeler que le débat démocratique demeure la seule voie possible pour permettre aux opinions de se dire, de s’écrire, de se dessiner... Il convient aussi de se souvenir des paroles célèbres du philosophe Descartes : « Je pense, donc je suis ». La vie de la cité exige que chacun puisse développer sa pensée, présenter et défendre ses valeurs, et se battre pour ce qu’il estime être juste. Mais arguments contre arguments, certainement pas coups contre coups. L’affrontement idéologique, lorsqu’il s’inscrit dans le respect et l’écoute, constitue l’un des rouages indispensables de notre État de droit, où chacun doit pouvoir défendre ses idées.
Quel échec, dans le pays des Droits de l’Homme, de voir survenir un tel drame. Quel échec encore, de constater une classe politique s’affronter avec toujours plus de véhémence, voire de violence, en faisant fi des responsabilités qui incombent à chacun. Quel échec, enfin, d’en arriver pour un ministre de l’Enseignement supérieur à interdire purement et simplement les événements à caractère politique dans les Universités et Grandes Écoles, ces lieux mêmes où, depuis des décennies, se forge la pensée critique.
Le rôle des médias est, à cet égard, crucial : informer avec impartialité, offrir à tous la possibilité d’exprimer leurs visions et leurs projets, garantir l’équité des prises de parole, sans jamais être juge et partie pour que vive, en toute quiétude, le débat démocratique.