Humeur

Honneur et postérité

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Nastasia Desanti

Un discret morceau de tissu rouge, cousu au revers d’une veste ou d’un chemisier. Quelques lignes dans le Journal officiel, généralement sur proposition d’un ministre. Et, derrière ce ruban, une longue tradition de noms illustres, gravés dans l’histoire de France. Instituée par Napoléon Bonaparte en 1802, la Légion d’honneur entendait distinguer, à l’origine, les mérites militaires comme civils. Une récompense destinée à saluer le courage, le dévouement, le mérite.

Alors, pourquoi la Légion d’honneur suscite-t-elle aujourd’hui tant de débats ? Est-ce le choix, au fil des décennies, de certaines personnalités qui interroge ? Lorsqu’il est question de mérite et de bravoure, certaines distinctions semblent pourtant relever de l’évidence, à l’image des pompiers qui, jour et nuit, ont affronté les flammes en Gironde pour protéger villes et villages, sites naturels et touristiques ; des citoyens ordinaires qui, au cœur d’une attaque terroriste, font preuve d’un courage extraordinaire ; ou encore des militaires engagés loin de chez eux, et qui, au péril de leur vie, défendent les intérêts de la France.

Il aura fallu par exemple attendre 10 ans pour que la Légion d’honneur soit décernée à des membres des forces de l’ordre intervenus lors des attentats du Bataclan en 2015. Et dans le même temps, d’autres la refusent ou la rendent, en signe de protestation politique. Oui, la Légion d’honneur se doit d’être portée avec fierté, ne serait-ce que par respect pour toutes celles et tous ceux qui l’ont réellement méritée.