Quelle levée de boucliers la semaine dernière après l’annonce faite par la SNCF de proposer une offre "Optimum", où les wagons seraient réservés aux adultes ! Si la compagnie a rapidement modifié son site internet pour préciser que les enfants de plus de 12 ans y seraient autorisés, l’exclusion des enfants de cette offre n’a pas manqué de faire réagir. Même la haute-commissaire à l’Enfance s’est insurgée qu’un service public soit positionné sur de telles offres. C’est dire à quel point l’affaire a pris de l’ampleur...
Pourtant, si l’on regarde la situation sans y mettre une émotion excessive, il ne s’agit pas d’imaginer que nos propres enfants seraient d’un seul coup devenus persona non grata dans les trains de la SNCF. Admettre objectivement que certains jeunes enfants – même bien élevés – éprouvent les pires difficultés à rester en place dans les trains est une réalité indéniable. Comprendre que des voyageurs d’affaires apprécient le calme et la tranquillité en est une autre, tout comme la nécessité de la SNCF de faire entrer du chiffre d’affaires tout en attirant un public aisé, peut-être davantage habitué à l’avion.
Le vrai scandale serait en revanche que la SNCF ne s’attaque pas aux vrais irritants dans ses trains, comme les voyageurs qui poursuivent d’interminables conversations téléphoniques malgré les interdictions ou ceux qui écoutent de la musique ou regardent des séries sans casque. Sans oublier la pire nuisance d’entre toutes : le déballage du tupperware ou du sandwich improbable par votre voisin au beau milieu d’un interminable trajet, geste ultime d’absence de savoir-vivre qui peut, à lui seul, rendre nauséeux la moitié d’un wagon pendant des heures.
Oui, certains combats sociétaux méritent qu’on s’y attarde vraiment !