Élections de proximité par excellence, les Municipales ont toujours occupé une place à part dans le coeur des Français. Pour ces derniers, il s’agit en effet d’élire leurs élus du quotidien, ceux vers qui ils peuvent se tourner à tout instant en raison d’un rapport de confiance tissé de longue date. Pourtant, cette relation privilégiée, véritable ciment de notre démocratie locale, a connu un terrible revers lors des dernières élections municipales. Nous avons tous en tête les images des agissements absolument inadmissibles des vainqueurs dans plusieurs moyennes et grandes villes.
Insultes, voire intimidations, les maires sortants et battus ont même parfois dû être escortés par la police municipale le soir de l’élection pour pouvoir quitter les lieux où étaient prononcés les résultats sous les huées et les menaces d’une foule haineuse. Des scènes d’un autre temps que l’on ne pensait pas voir ressurgir dans une République comme la nôtre et encore moins dans des hôtels de ville où doivent régner sans partage les valeurs Liberté, Egalité, Fraternité inscrites sur leur fronton. Comment imaginer le climat social dans une ville où les élus battus sont humiliés et où, dans la foulée, les agents communaux sont sommés de prêter allégeance à la nouvelle équipe sous couvert d’aller voir ailleurs ? Ces agissements qui relèvent du mépris le plus complet du respect de l’alternance démocratique et de la loyauté des agents publics pour leurs missions ne doivent pas être sous-estimés ni passés sous silence. Il en va de la bonne marche de nos communes, véritable ciment de la démocratie de proximité. Quand les autres institutions peuvent encore supporter quelques fêlures, la commune ne peut se permettre la moindre fissure au risque de faire basculer tout l’édifice, ce qu’attendent peut-être les fauteurs de trouble.