Humeur

Fin des tabous, fin des mensonges ?

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Benjamin Busson
Benjamin Busson.

De plus en plus, les Français réclament du parler vrai, de la compréhension et de la franchise à leurs dirigeants. Simple en apparence, l’exercice est délicat. Un exemple avec le poids de la dette du pays : alors qu’il est acquis qu’elle est un frein voire un danger pour notre souveraineté, annoncer des mesures trop radicales pour la résorber effraie. Idem pour les retraites. Tandis que la démographie et tous les calculs possibles annoncent un âge d’or révolu, tenter de mettre en place les vraies réformes n’est rien moins qu’un suicide politique, comme l’a prouvée la récente séquence parlementaire, qui a vu l’opportunisme électoraliste l’emporter sur la raison pour suspendre la réforme de 2023 et ajouter une pierre de plus dans le sac à dos des moins de 50 ans. Dans un tel contexte, la voix de Nicolas Dufourcq, résonne étrangement. Dans son dernier ouvrage intitulé « La dette sociale de la France », le directeur de Bpifrance n’y va pas par quatre chemins pour tenter d’ouvrir les yeux des Français.

Il explique ainsi que, sur les 3 500 milliards d’euros de dette publique de la France, 2 000 milliards proviennent de dépenses sociales et que 10% des dépenses sociales du pays sont aujourd’hui financées par la dette. Une aberration absolue qui devrait même être interdite par la Constitution tant elle exprime une dérive sociale et budgétaire inconsidérée pour un pays comme la France, dont se rendent coupables conjointement gouvernements et oppositions successifs, les uns par leur inaction, les autres par leurs blocages. Parce que la question sociale est devenue absolument taboue dans l’Hexagone depuis des décennies, elle ne peut être abordée sans objectivité ni sérénité. Il serait temps que ça change, non ?