L’information est presque passée inaperçue auprès du grand public, dont les yeux sont naturellement rivés sur le conflit qui secoue l’Iran et le Moyen Orient. Non pas pour s’émouvoir de la situation des influenceurs écervelés – plus prompts à dégainer leur smartphone pour tourner une story nombrilistes qu’à s’intéresser au sort de leurs voisins qui, eux ne disposent d’aucune solution de repli – mais bien parce l’onde de choc d’une telle guerre va se faire ressentir bien plus longtemps qu’annoncé par le président américain. Et cette information, donc, c’est la présentation de la stratégie visant à mettre en place une préférence européenne dans les secteurs stratégiques. Enfin, a t on envie de dire, puisqu’il aura fallu attendre que 100 000 emplois aient été supprimés dans le secteur automobile européen en deux ans pour commencer à réagir. Pour rappel, selon l’Insee, à elle seule, la France a perdu un tiers de ses emplois du secteur automobile entre 2010 et 2023, sachant que l’hémorragie ne s’est pas arrêtée, loin de là, depuis 2023. Une telle décision protectionniste ne peut qu’être saluée, d’autant qu’elle ne fait qu’appliquer dans un sens ce qui existe depuis des décennies dans l’autre sens, à savoir la mise en place de véritables règles du jeu. Une manière peut être de mettre fin à une naïveté coupable malgré les avertissements de tant d’industriels et d’économistes, accusés il y a encore peu de temps, de jouer les Cassandre... Espérons que cela puisse préserver, au delà du seul secteur automobile, tout un savoir faire industriel qui pourrait bien nous être utile en ce moment dans bien des domaines, à commencer par celui de la Défense, par exemple...