Humeur

Double discours

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Benjamin Busson
Benjamin Busson.

La flambée des carburants déclenchée par la guerre en Iran n’en finit pas d’impacter les Français. Si elle concerne également nos voisins européens, force est de constater que l’impact sur le pouvoir d’achat dans notre pays est encore une fois supérieur à celui enregistré dans les pays frontaliers, exception faite des Pays-Bas et de l’Allemagne. L’Espagne, par exemple, parvient à proposer des tarifs inférieurs de presque 40 centimes du litre à ceux des pompes hexagonales.

Le gouvernement français avance l’absence de marges de manoeuvre pour justifier sa décision de ne pas intervenir sur les montants de taxes, arguant au passage que les hausses de prix ne lui bénéficiaient pas, puisqu’elles étaient souvent synonymes de baisse de consommation – et donc de ressources. Soit. Sauf que, dans le même temps, le Premier ministre propose une solution miracle aux Français : l’électrification. Avec un argument choc : utiliser les « surplus » fiscaux pour financer cette proposition. Et c’est bien là que le bât blesse. Difficile de faire entendre aux particuliers, aux routiers ou aux agriculteurs que l’État ne s’enrichit pas sur les hausses de prix quand on évoque dans la foulée l’existence de « surplus de recettes fiscales » sur les carburants. Dans un contexte socialement inflammable, de pouvoir d’achat extrêmement tendu, et où vient s’ajouter la barre symbolique des 2 euros par litre de gazole a été franchie, le Gouvernement serait bien inspiré de retenir la leçon pas si lointaine des gilets jaunes, avant de se mettre à dos par des déclarations aussi maladroites que déconnectées, celles et ceux qui ont impérativement besoin d’utiliser leur véhicule pour travailler et continuer à remplir les caisses de l’État.