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129e année

Dont acte

Benjamin Busson

56 milliards... C’est la coquette somme inscrite dans le contrat de fourniture de 12 sous-marins français à l’Australie, qui vient de passer sous le nez de l’économie hexagonale. Victime d’un perfide coup de billard orchestré par les Etats-Unis avec la complexité du Royaume-Uni pour réaliser une alliance commerciale et stratégique (notamment face à la pression chinoise dans le Pacifique), la France fait figure de dindon de la farce.

Si l’Australie devrait être contrainte de verser des pénalités à Naval Group, cela ne compensera évidemment pas la perte d’activité, même si, selon l’industriel de Cherbourg, ce contrat ne représenterait “que” 10% de son chiffre d’affaires. C’est aussi sur le plan diplomatique qu’il convient de s’interroger aujourd’hui. Quelle place occupe aujourd’hui la France sur le plan international ? Et comment est-elle considérée par ses supposés amis historiques, les Etats-Unis en tête, pour que ces derniers osent se permettre un tel comportement à son égard ? L’attitude de Joe Biden dans ce dossier n’aurait d’ailleurs sans doute pas été reniée par son prédécesseur à la Maison Blanche...

Toujours est-il qu’il en va de l’aura internationale de la France que cette dernière marque le coup. La présidence française de l’UE à partir du 1er janvier 2022 devra être l’occasion de sérieusement montrer les muscles, notamment face à un Boris Johnson, qui, après avoir tourné le dos à l’Europe avec le Brexit, a clairement choisi son camp. “It’s duly noted”, dit-on outre-Manche.

Benjamin Busson