Voilà un temps à ne pas mettre un climatosceptique dehors ! À celles et ceux qui en douteraient encore, le dérèglement climatique est bel et bien là.
Nul besoin d’agiter frénétiquement un thermomètre pour s’en apercevoir, les épisodes caniculaires – et à l’inverse les inondations – se multiplient, se rapprochent et s’intensifient, avec des conséquences toujours plus dramatiques. Évidemment, à l’image des faits divers, chaque nouveau chapitre fait l’objet de réactions en chaîne, avec leur lot de propositions toujours plus inventives, à défaut de réellement déboucher sur des réalisations concrètes.
Les plus « expérimentés » d’entre nous se souviendront de la canicule de 2003, sa chaleur meurtrière (15 000 morts entre le 1er et le 20 août) et ses mesures parfois controversées. Alors qu’en 1976, pour aider les agriculteurs pénalisés par la chaleur excessive, le Président Giscard avait inventé l’impôt sécheresse, 27 ans plus tard, magie de l’inventivité française, c’est sous la forme de la suppression d’un jour férié que le Gouvernement avait fait passer les Français à la caisse. Et avait récupéré entre 2 et 3 milliards d’euros par an grâce à cette « journée de solidarité ». Pour quel résultat ? Difficile à mesurer, même si, au regard de la pagaille dans les services des urgences, il semble que de nombreux hôpitaux n’ont pas vu l’ombre d’un crédit pouvant leur permettre de climatiser leurs services.
Pourtant, au-delà des conséquences sanitaires, les conséquences économiques pour un pays qui grille au soleil sont elles aussi plombantes pour les comptes publics, entre la baisse de la consommation, l’absentéisme et la hausse des dépenses de santé. La facture est tout de même estimée à 200 milliards en 5 ans... Un argument de plus pour se pencher sur cette question brûlante.