Humeur

Cap sur la souveraineté

Lecture 2 min
Benjamin Busson
Benjamin Busson.

Avouons le : nombre d’entre nous n’avait plus entendu parler du Détroit d’Ormuz depuis un cours de géographie datant du lycée. Autrement dit, c’est donc un vague souvenir de plusieurs dizaines d’années qui vient de ressurgir de notre mémoire. Et alors que son évocation nous avait sans doute au mieux arraché un haussement de sourcil mais plus certainement un soupir fatigué, la réalité du jour nous rattrape. Elle nous rappelle surtout que le blocage d’un bras maritime du golfe persique long de 212 km et large de 55 à 95 km peut dérégler la planète toute entière. Blocage lui même aggravé par des prises de position unilatérales d’un chef d’État bien décidé à en découdre pour des raisons qui aujourd’hui encore restent à éclaircir. Toujours est il qu’un tel blocage nous rappelle celui vécu à l’époque pas si lointaine du Covid. Période de blocage total de nos économies, qui avait engendré des vagues d’indignations dirigeantes, promettant que plus jamais l’on ne nous y reprendrait ! Électricité, médicaments, composants électroniques...

Quasiment six ans, jour pour jour ou presque, plus tard, la question de la souveraineté revient évidemment sur le tapis. Notre vieille dépendance au pétrole mais aussi à bien trop de pays fournisseurs doit sonner le signal et marquer le point de départ d’une nouvelle approche économique, idéalement à l’échelle européenne mais si besoin devait en être, à l’échelle nationale, pour nous éviter d’être à la merci des conflits dans lesquels nous refusons d’ailleurs d’intervenir. Spectateurs attentifs mais acteurs malgré nous, un statut de victime collatérale économique normalement impensable pour une vraie grande puissance mondiale.