Cette semaine, les organisations professionnelles de six branches différentes se sont réunies pour parler d’une même voix et interpeller les candidats aux élections municipales sur le sort des entreprises (voir pages 6 et 7). Car outre une économie atone, le conflit au Moyen-Orient vient accentuer de manière conjoncturelle les problèmes de trésorerie. Avec en premier lieu, des augmentations à la pompe que personne n’imaginait il y a encore trois semaines. Le litre de sans-plomb 95 dépasse aujourd’hui les 1,87 euro quand le diesel culmine lui, à plus de 2 euros le litre. Ainsi, en moins de deux semaines, les prix ont respectivement augmenté de 6,3 % et de 17,3 %. Des augmentations qui ont du mal à passer pour les automobilistes, et notamment pour les professionnels, dont neuf véhicules utilitaires sur dix, et la quasi-totalité (96,9%) des poids lourds disposent d’une motorisation diesel. Cette flambée des prix crée malheureusement des effets d’aubaine dans certaines stations-services qui ajoutent jusqu’à 50 cts du litre à l’addition mais aussi des mouvements de panique d’usagers qui viennent remplir des litres de bidon d’essence accentuant l’effet d’une pénurie artificielle. Et ce ne sont pas les opérations de contrôles diligentées par le Premier ministre lui-même qui devraient suffire à ralentir l’hémorragie. Si les yeux restent rivés sur le blocage du détroit d’Ormuz et sur l’évolution du conflit, dans ce contexte, les oppositions exhortent Sébastien Lecornu à aller au-delà des simples contrôles qu’il a ordonnés plaidant pour le recours aux stocks stratégiques afin de détendre le marché, un blocage des prix ou encore une baisse temporaire des taxes. Une chose est sûre, ni les entreprises, ni les particuliers ne vont pouvoir absorber longtemps cette flambée, d’autant que certains experts parlent d’un prix à 2,50€ le litre avant l’été…