Alors que la tempête Austen s’est abattue sur une partie de la France, c’est un autre type de perturbation, tout aussi dévastatrice que connaît le pays depuis quelques semaines. L’Hexagone semble pris dans l’œil d’un cyclone dont l’intensité ne faiblit pas. L’étincelle des manifestations lycéennes a ravivé la flamme d’un malaise très profond où se mêlent le pouvoir d’achat en berne, une inflation persistante, une perte de sens et de confiance dans les institutions, l’inquiétude face à l’avenir mais aussi les bouleversements technologiques et le mur de l’intelligence artificielle, la radicalisation des opinions et le creusement des inégalités… Le pays aux 3 000 milliards de dettes est au bord du gouffre. Économique certainement mais aussi politique, et on le voit, social. Pourtant, Emmanuel Macron dans sa dernière intervention, semble ne pas en avoir pris la mesure. Qu’importe, dans six mois, un ou une autre occupera sa place. Mais encore faudra-t-il que le prochain chef(fe) de l’État entende ce que les Français ont à dire. Tous les Français. Ceux qui ont vu leurs vitrines voler en éclats, mais aussi les responsables de ces destructions. Car attribuer le malaise d’un pays à une seule catégorie de la population, qu’il s’agisse de Gilets jaunes ou de lycéens, est aussi réducteur que de considérer que les violences ne seraient que le fait d’une minorité d’ultra-gauche. Aveuglement ou calcul électoraliste, les Français en tout cas ne sortiront pas gagnants de la polarisation du monde politique où chacun analyse la situation à la seule lumière des bulletins de votes à gagner.
Oui, le défi du prochain chef de l’État sera immense : écouter, comprendre et, surtout, rassembler un pays plus fracturé que jamais.