
Ambiance électrique dans le secteur automobile américain : Joe Biden promet un bonus de 4500 dollars supplémentaires pour les clients achetant des véhicules électriques assemblés aux Etats-Unis par des salariés syndiqués. De quoi faire bondir les constructeurs étrangers, les pays voisins et même Tesla dont les salariés ne sont pas syndiqués.
Alors que l’Europe, dans sa grande mansuétude, - et la France par ricochet - a longtemps refusé de mettre en place des mesures favorisant les entreprises continentales, force est de constater que les gouvernements outre- Atlantique, eux, ne se posent pas de questions existentielles au sujet du libre échange. Il est d’ailleurs assez troublant de constater qu’en un an à peine, Joe Biden a montré un visage au moins aussi offensif en la matière que son prédécesseur.
De quoi mettre dans l’embarras les dirigeants européens qui se s’étaient ouvertement prononcés en faveur du candidat démocrate et qui retrouvent face à eux un président élu aux dents plus acérées que celles de Donald Trump. Mais que les Européens se rassurent, le Canada et le Mexique, pourtant frontaliers et partenaires privilégiés des Etats-Unis, ne sont pas davantage favorisés.
Preuve qu’aux Etats-Unis, l’amitié et l’histoire ne passeront sans doute jamais devant l’intérêt commercial du pays. Un cynisme dénonceront les uns, auquel je préfère la notion de pragmatisme économique, dont l’Europe devrait davantage s’inspirer pour éviter de nouvelles désillusions.