Humeur

À qui gagne perd

Lecture 2 min
Benjamin Busson
Benjamin Busson.

Annoncée par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, la revalorisation du SMIC sera de +2,4 % au 1er juin 2026. Une bonne nouvelle pour les quelque 2,2 millions de salariés du privé rémunérés au salaire minimum qui pourront bénéficier d’une hausse de salaire de l’ordre de 44 euros bruts, soit 35 euros nets. Désormais le SMIC sera donc de 1 477,93 euros nets. Une augmentation bienvenue au regard de l’augmentation des prix à la consommation (+2,2 %).

Mais - car il y a un gros « mais » - cette augmentation n’est pas dénuée d’effets pervers. Le premier d’entre eux, c’est qu’elle alimente mécaniquement la « smicardisation » des Français. En effet, les travailleurs qui se trouvaient à quelques dizaines d’euros au-dessus du SMIC se retrouvent désormais dans la catégorie des « smicards » en l’absence d’une revalorisation de leur salaire actuel. Si elle peut être ressentie comme une forme de déclassement social, cette situation relance aussi la question de ce nivellement forcé.

Et du côté du gouvernement, cette augmentation va également avoir un coût non négligeable puisqu’elle fait accroît mécaniquement le coût des allègements de cotisations patronales sur les bas salaires. Une enveloppe estimée à 1,5 milliard d’euros par le ministre des Comptes publics.

Entre des augmentations trop faibles, couplées à des exonérations coûteuses et un écart abyssal entre salaire brut et salaire net pour financer un modèle social à bout de souffle, pourquoi ne pas remettre en cause un système qui satisfait finalement plus personne aujourd’hui ? C’est en effet tout un modèle qui est à revoir d’urgence pour remettre la vraie valeur du travail au cœur des enjeux de l’équilibre de notre société.