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130e année

À qui gagne perd

Benjamin Busson

Les soirées électorales nous offrent, année après année, un délicieux spectacle, quoi que devenu quelque peu suranné. Le second tour des Législatives du 19 juin dernier, a été quant à lui, le théâtre d’une variante assez inédite au cours de laquelle le grand jeu a été pour certains, de s’autoproclamer gagnants avant l’heure. Après avoir demandé aux Français de « l’élire Premier ministre » au mépris de toute logique institutionnelle, Jean-Luc Mélenchon a vu sa coalition Nupes, créditée de 170 à 190 sièges en début de soirée, finir à 142 sièges. Un score qui a fondu en direct sur les plateaux télévisés. Résultat, malgré des heures à revendiquer une victoire qui s’effilochait, son parti LFI (75 députés) s’est vu chiper la place de deuxième groupe à l’Assemblée (derrière la majorité présidentielle, qui créditée de 205 à 235 sièges à 20h, dispose de 245 députés) par le Rassemblement National qui a installé 89 députés (contre 8 lors de la précédente mandature). Si son résultat est somme toute honorable, le leader de la gauche réunie a toutefois échoué à renverser le gouvernement puis à former un groupe unique à l’Assemblée dès le lendemain, une proposition fermement écartée par ses partenaires du moment. Faire passer un pari perdu en victoire aux yeux de tous reste un tour de force, sans doute aussi un baroud d’honneur pour tenter de peser face à des jeunes loups aux dents acérées, désormais placés sous le feu des projecteurs.

Benjamin Busson