Humeur

À couteaux tirés

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Benjamin Busson

Sarkozy en rêvait, le centre l’a fantasmé, Macron l’a fait... et Mélenchon appuie là où ça fait mal. La dispersion « façon puzzle » du paysage politique hexagonal, qui a réellement débuté en 2017 se poursuit. Avec des partis historiques à la peine dans les urnes, la carte de la répartition des forces est on ne peut plus troublée aujourd’hui. Plus que jamais, il est quasiment impossible de savoir qui est où, et surtout pour combien de temps !

Les deux tours de la Présidentielle 2022 ont ainsi sonné le glas du PS et des LR partis que les électeurs ont déserté, tout comme de nombreux élus qui ont choisi de se rallier au parti présidentiel. Résultat, il faut se tourner vers le Rassemblement National ou vers la France Insoumise pour trouver une véritable force d’opposition. Mais à un peu plus d’un mois des legislatives celle-ci reste fragile, car de son action réelle dépendra le scrutin de juin prochain, où il faudra aller chercher des députés lui permettant de peser sur la politique du quinquennat.

Le parti de Marine Le Pen devra cette fois miser sur l’ancrage local pour décrocher des sièges au Palais Bourbon. Chez Jean-Luc Mélenchon, on mise plutôt sur une gauche unie malgré ses nombreuses divergences et les comptes d’apothicaires qui pourraient laisser des traces. Du côté d’Emmanuel Macron, là aussi, entre sortants installés, nouveaux alliés ambitieux et volonté d’ouverture (pour « ratisser large » entend-on) l’équation à résoudre n’est pas plus simple. Les couteaux sont tirés, et déjà bien aiguisés... gare aux coupures !