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130e année

A chacun sa place

Benjamin Busson

Pas d’état de grâce. A peine nommée, Elisabeth Borne figure déjà dans le viseur de l’opposition présidentielle.

Les mêmes qui appelaient de leurs vœux à la nomination d’un femme au poste de Première ministre ont été les premiers à dégainer pour affaiblir celle qui n’avait pas encore annoncé le moindre début de composition de son gouvernement. Trop « de gauche » pour les uns, pas assez pour les autres, ainsi va la vie politique de 2022 : ce sont désormais vos opposants qui se permettent de vous placer sur l’échiquier politique, quand bien même ces derniers y occupent la place du fou ou du cavalier quand ils se rêveraient à la place du Roi ou de la Reine.

C’est donc à grands renforts d’attaques ciblées sur le parcours de la nouvelle locataire de Matignon que le travail de sape démarre dès les premières minutes de sa présence sur le perron de l’Hôtel de Matignon.

Non pas que la Première ministre doive bénéficier d’un traitement particulier ou privilégié, mais les règles les plus élémentaires de la courtoisie en société sont censées accorder au moins le bénéfice du doute. De la même manière qu’il convient de respecter les résultats du suffrage électoral et les institutions de la Ve République, qui rappelle que le président élu est celui qui récolte le plus grand nombre de voix et non pas celui qui parle le plus fort. Et que le Premier ministre n’est pas élu mais désigné par ce même président. Quand on prétend incarner la République, il est bon d’en rappeler les règles élémentaires.

Benjamin Busson