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130e année

Les énergies renouvelables, enjeu de l’élection présidentielle

Énergie. Alors que le dernier rapport du GIEC vient de sortir, le développement des énergies renouvelables se révèle être un des sujets essentiels de la campagne présidentielle. Dans ce contexte, le syndicat des énergies renouvelables (SER) a tenu à rappeler quelques données et chiffres clés dans le Grand Est.

Les membres du SER : Soizic Hemion, Jean-Louis Bal, Jean-Baptiste Schwebel et Gilles Corman. Nastasia Desanti

« Depuis cinq ans, le développement des ENR au niveau national mais aussi au niveau régional s’est accéléré », indique Jean-Louis Bal, Président du SER, qui regroupe 450 entreprises spécialisées dans le domaine. « Le dernier rapport du GIEC montre à quel point la situation se détériore et combien prendre des mesures est urgent. » Si le développement des énergies renouvelables (ENR) est sur une pente ascendante, selon le syndicat, la transition n’est pas assez rapide. Pour preuve, les objectifs fixés lors du dernier sommet pour le climat ne sont pas atteints : « Nous devions arriver au niveau européen à 23% de part d’ENR dans la production totale d’énergie, nous ne sommes qu’à 20%. »

L’accélération du déploiement de ces énergies passe aussi par la formation et la création de nouveaux emplois, estimés à 100 000 sur le territoire d’ici 2028 (26 000 dans le Grand Est), venant s’ajouter aux 160 000 déjà existants. Localement, le Centre de conduite des énergies renouvelables d’Engie cherche d’ailleurs plusieurs postes de techniciens de maintenance et d’exploitation. « C’est un élément d’innovation et pour les jeunes générations, une manière de se positionner dans un emploi qui a du sens », relève Jean-Louis Bal. Ce secteur, très porteur, fait en effet appel à plusieurs innovations créées par des start-up, comme la Troyenne SuperAirVision, qui développe des drones et des caméras infra-rouge venant détecter des avaries sur les pales d’éoliennes avant qu’elles ne deviennent plus importantes.

Neutralité Carbone à l’horizon 2050

« L’avantage est de pouvoir faire le contrôle d’un site d’une centaine d’hectares, au plus près des appareils, en très peu de temps », confie Bernard Laurent, directeur des opérations chez Engie green. Le dernier rapport RTE, sorti en octobre 2021 insistait ainsi sur le mix énergétique pour atteindre la neutralité Carbone à horizon 2050. Il apparait dès lors que l’amplification des ENR soit incontournable.

« Le volume de bois prélevé dans une forêt est en plus compensé par des actions durables, ce qui en fait le principal matériau décarboné. »

« Au sein de notre consommation d’énergie qui doit baisser, il y aura dans les futures années, en revanche, une augmentation de la consommation d’électricité, dans les secteurs des transports, du bâtiment et de l’industrie », souligne Jean-Louis Bal. L’hydroélectricité, l’éolien, le solaire, apparaissent ainsi comme de futurs recours. Soizic Hemion, représentante SER Grand Est rappelle « la forte ambition de la Région Grand Est en la matière », précisant : « Le Grand Est est la deuxième région d’éolien terrestre, la deuxième région en matière de production de bio-énergie, de chaufferie bois et de solaire thermique. »

Le bois-énergie, première énergie renouvelable de France

Actuellement, les ENR couvrent 39% des consommations électriques du Grand Est, avec un objectif de 41% en 2030. En 2021, 89% de la production d’ENR étaient assurées par ces différents secteurs : 38% pour le bois énergie, 21% pour l’hydraulique, 17% les agro-carburants et 13% par l’éolien. Dans la région, l’éolien terrestre représente cependant, la première source d’ENR électrique. « Les retombées fiscales de ces énergies sont de l’ordre de 162 millions d’euros sur le territoire », annonce Soizic Hemion. Toutefois, un des futurs enjeux est le renouvellement du parc (tous les 20 à 25 ans), avec des éoliennes plus puissantes. Toutes énergies confondues, la filière bois est la première source d’énergie en Grand Est. La surface forestière atteint 17 millions d’hectares en France, ce qui représente 33% de la surface nationale.

« Un des avantages, est que cette filière est locale et durable, puisque l’on s’approvisionne dans un rayon de 70 km », explique Jean-Baptiste Schwebel, spécialiste de la filière bois au sein du SER. Avec un prix relativement stable au fil du temps, le bois a aussi un intérêt économique, peu volatile sur les marchés, contrairement au gaz par exemple qui, entre 2020 et 2022, a pris plus de 40€ du Mwh. « Le volume de bois prélevé dans une forêt est en plus compensé par des actions durables, ce qui en fait le principal matériau décarboné. » Sur 13,5 millions de m3 de bois produis par le Grand Est, 7,5 millions sont prélevés pour l’exploitation globale (bois d’oeuvre, de matériau, énergie). « À titre indicatif, une chaufferie collective utilise 4 000 tonnes de bois par an. Cela équivaut à l’alimentation de 1 500 logements. » Quant à une éolienne, on estime qu’elle alimente en électricité 800 personnes.

Nastasia Desanti