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129e année

La tournée de rentrée ardennaise de Jean Rottner

Région. Le président de la Région Grand Est a réservé sa visite de rentrée aux Ardennes en s’intéressant tour à tour, à la réhabilitation du site de La Macérienne, à l’avenir de la friche Porcher et au verdissement des transports ardennais.

Accompagné de Philippe Mille (Les Crayères), Julien Sauvage (directeur Face B), Arnaud Robinet (vice-président de la région) Jean Rottner est passé sur la friche de la Macérienne… PR

Première étape du week-end ardennais de Jean Rottner des 28 et 29 août : un passage sur le site de La Macérienne où l’association Flap lançait l’événement Face B. « Au-delà de cette fantastique manifestation, il y a aussi la transformation et la reconquête urbaine en coeur de ville d’un ancien haut lieu industriel grâce au Cabaret vert, l’un des plus grands festivals culturels de France. Et la Région soutient vraiment cette dynamique engagée par Flap et l’agglomération qui, actuellement, permet à ce site de resplendir une fois par an », se félicite le Président de Région.

Voire beaucoup plus, car Boris Ravignon élargit la réflexion sur le sujet : « La Macérienne est appelée à devenir un haut lieu d’attractivité, de culture, de loisirs et de tourisme grâce à la mobilisation de différents acteurs (Région, département, Etat), où l’on aura à l’avenir une brasserie, un tiers-lieu, un espace de musiques actuelles et une plaine de jeux. On travaille à ce dossier d’aménagement avec l’association Flap qui a voulu redonner toute sa valeur à ce site. Une des idées fortes est aussi de réaliser, ici, l’embarcadère de la Meuse à vélos car nous sommes proches des voies sur berge. On va donc y créer progressivement des équipements qui se complèteront de manière à disposer d’un endroit appelé à vivre tout au long de l’année ».

« Nous accompagnerons le Cabaret vert sur son modèle économique car le festival qui bénéficie de 10% de fonds publics a des retombées colossales sur notre territoire »

Autre cible du maire carolomacérien : « Nous accompagnerons le Cabaret vert sur son modèle économique car le festival qui bénéficie de 10% de fonds publics a des retombées colossales sur notre territoire en générant des retombées de plus de plusieurs dizaines de millions d’euros durant l’évènement. On veut donc permettre à Flap de s’assurer un avenir plus serein et de gagner en solidité économique en augmentant sa jauge par une extension du site actuel via un ou des franchissements de la Meuse et le rachat de terrains fonciers ».

… avant d’inaugurer la station GNV de Prix les Mézières à la RDTA. PR

Durant le week-end, le directeur du Cabaret Vert et Face B, Julien Sauvage a par ailleurs annoncé aux partenaires que l’édition 2022 du retour du Cabaret Vert se ferait sur… cinq jours avec une très, très grosse affiche. Plus de six millions d’euros ont déjà été investis sur la plaine de La Macérienne dans la reconstruction de la halle Eiffel, l’installation de la turbine d’Helliogreen et la première tranche de dépollution qui se poursuivra jusqu’en début 2023, aidée par le fonds national de l’Ademe. La ville et l’agglomération poursuivront cette politique de requalification du site en abondant une quinzaine de millions d’euros lors des prochaines années.

Les Cycles Mercier et la première station GNV des Ardennes

Préparant lui aussi l’avenir économique, le président de la région Grand-Est a consacré sa matinée de samedi à ce volet. Avec tout d’abord, à la fraîche, une « simple réunion de travail informelle et non ouverte à la presse », à la Maison de la Région avec Bernard Dekens, le président de la comunauté de communes Ardennes Rives de Meuse, pour débriefer sur l’avenir de la friche Porcher à Revin après l’abandon du projet des Cycles Mercier.

« Compte-tenu de ce que nous avons vécu cet été et des décisions prises par l’Etat, il faut cibler les perspectives existantes pour avancer, savoir vers quelle direction la communauté de communes souhaite s’orienter et comment nous la suivons. Bref, il faut trouver la bonne formule pour relancer ce dossier avorté qui peut passer par la constitution d’une société publique à laquelle pourrait collaborer l’Etablissement public foncier. L’idée étant de traiter cette friche afin qu’elle soit prête à accueillir d’autres projets. Et tout cela en travaillant dans la discrétion, sans effet d’annonce et de promesses non tenus. Ça, ce n’est plus possible ! Et si nous n’aboutissons pas à un projet structuré et structurant, je souhaite que l’Etat aille plus loin que les six millions d’euros promis précédemment ».

Direction, ensuite, Prix-lès-Mézières, où Jean Rottner a inauguré dans la cour d’enceinte de la Régie départementale des transports, la première station privative Gaz Naturel pour Véhicules des Ardennes. Pascale Gaillot (photo ci-dessous), présidente du conseil d’administration de la RDTA a présenté cette infrastructure et les 20 premiers cars qui rouleront au GNV dès la rentrée scolaire.

« Cette idée remonte à 2018, après le rachat de la RDTA par le conseil régional au conseil départemental. Ce dossier a ensuite été bouclé avec l’aide de GRDF et des constructeurs de cars IVECO et Scania. Les essais ont été concluants, validés par les conducteurs et l’équipe technique. Le projet CAP 2021 est lancé. Nous allons passer à la vitesse supérieure et ce gaz vert devrait représenter 25% du gaz consommé dans le département en 2025. Désormais, nous souhaitons alimenter les prochains cars depuis des stations directement reliées à des méthaniseurs et poursuivre cette transition énergétique au niveau de tout le parc mobile du département ».

Plus de 8,5 millions d’euros d’aides apportés par la Région

La réalisation de cette station a été attribuée à l’entreprise Ch4nge de Vaux-en-Velin qui l’a récemment mise en service. Jean Rottner est revenu de son côté sur le montage financier de cette opération de verdissement des transports. « Alors que la loi relative à la transition énergétique impose depuis 2020 de renouveler la moitié du parc d’autocars scolaires et interurbains, au profit de véhicules à faibles émissions de gaz, la Région a choisi d’impulser cette démarche dès janvier 2020, en partenariat avec la Préfecture des Ardennes et la RDTA.

Avec une aide de la Région de plus de 8,5 millions d’euros, dont plus de 6 millions d’euros apportés par l’État dans le cadre de France Relance, la RDTA a construit cette station d’avitaillement et procédé en mai à l’acquisition de 20 premiers cars roulant au GNV (sur 36 au total d’ici 2024) afin qu’ils fonctionnent au gaz naturel. Ce biocarburant permet à la fois de réduire de 80% les émissions de CO2 par rapport au diesel et de répondre aux besoins d’autonomie des bus. Cette initiative pourrait s’étendre à d’autres transporteurs ou d’autres usages.

L’’implantation d’une seconde station est d’ores et déjà programmée à Sedan ». Le sous-préfet Christian Vedelago s’est félicité de « ce travail partenarial correspondant à une attente très forte des citoyens en matière de transition écologique et dans laquelle l’Etat a apporté six millions d’euros, ce qui n’est pas rien. Cette concrétisation est une très belle réalisation ». Créée en 1947, la RDTA qui emploie 160 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 9,2 millions d’euros détient actuellement une flotte de 124 véhicules qui parcourent chaque année 3,2 millions de kilomètres en exploitant huit lignes régulières inter-urbaines et sept lignes en transport à la demande et en réalisant les 2/3 des transports scolaires ardennais. Soient 154 circuits.

Pascal Remy