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129e année

Christian Bruyen solidement conforté

Département. Le Conseil départemental a largement réélu son président sortant à l’issue d’une séance d’installation sereine au cours de laquelle les 13 nouveaux élus ont été accueillis par les “anciens”.

46 élus dont 42 de la majorité de la droite et du centre composent ce Conseil départemental de la Marne, élu jusqu’en 2028 et présidé par Christian Bruyen.

C’est presque dans une ambiance de réunion de famille que se sont retrouvés les conseillers départementaux à l’heure d’élire leur président. Retrouvailles, salutations et félicitations chaleureuses alimentent les conversations sur le parvis et dans le hall de la salle municipale de Fagnières, qui accueille cette séance d’installation, quatre jours après les élections et réélections.

Il faut dire que l’assemblée a comme un air de déjà vu, avec seulement 13 nouveaux conseillers sur 46. Un tiers de renouvellement qui s’est fait en faveur de la majorité départementale qui compte désormais pas moins de 42 membres, issus de la droite et du centre. Après un passage devant l’objectif du photographe officiel pour le traditionnel trombinoscope, les élus prennent place pour un exercice obligé et non moins joué d’avance : l’élection du président.

Président de la collectivité départementale depuis 2017, Christian Bruyen est annoncé naturellement candidat à sa propre succession. Pour l’opposition, Rudy Namur, élu châlonnais. Pas de suspense au vu des forces en présence, l’opposition ne comptant que quatre élus (contre 12 lors du précédent mandat).

« J’ai horreur des certitudes. J’ai des convictions »

Au sortir des urnes, aucune surprise, Christian Bruyen est réélu pour un deuxième mandat sans coup férir : 41 voix pour lui, un bulletin blanc et quatre voix pour son adversaire. Si l’anecdotique question demeure quant à la nature de ce bulletin nul - mouvement d’humeur d’un élu de la majorité ou geste de fair-play présidentiel ?- il n’en reste pas moins que le résultat conforte grandement Christian Bruyen à la tête de ses troupes.

Un plébiscite qui d’ailleurs lui fait dire : « Cette confiance m’honore, elle conforte le travail réalisé ces dernières années », tout en regardant vers l’avenir, désireux de mener « une présidence fédératrice et en proximité ». à la tête d’une majorité qualifiée d’historique par son ampleur, le président met en garde celles et ceux qui seraient tentés de voir dans ce plébiscite une tentation de verrouiller les débats.

« Cela ne signifie nullement que la parole au sein de cet hémicycle sera monocorde voire monotone. Nous continuerons de débattre de manière franche, directe et dans le respect de la sensibilité politique de chacun », assure le président. Une sensibilité perdue par les électeurs et sur laquelle Christian Bruyen tient à alerter, soulignant que l’abstention record exprime un « désaveu » à l’égard de l’ensemble, sans exception des formations politique engagées dans ces élections départementales et régionales.

Prime aux sortants

Deuxième délibération de la journée, l’élection des vice-présidents et de leurs délégations. Après une heure de suspension de séance, au cours de laquelle les deux camps se sont réunis pour décider de la répartition des vice-présidences, la situation est limpide, la majorité présentant une liste complète, signe d’un accord trouvé entre le Président et son équipe. Résultat : une liste de 13 vice-présidents, soit le maximum requis par la loi, ce qui signifie un maintien de la commission permanente en l’état. Un vote à main levée plus tard, symbole de la sérénité qui règne dans l’assemblée, l’équipe de vice-présidents est élue dans son intégralité (voir encadré). Comme dans les urnes quelques jours plus tôt, le président a fait jouer la prime aux sortants puisque dix des treize vice-présidents l’étaient déjà dans le mandat précédent. 

Parmi eux, huit conservent les mêmes attributions. Jean-Louis Devaux passe de l’Enseignement supérieur aux Routes et Frédérique Schulthess du Tourisme à la Culture. Réélus conseillers départementaux, Kim Duntze, Alphonse Schwein et Benoit Moittié n’occupent quant à eux plus de vice-présidence tandis que Raphaël Blanchard, Pascal Desautels et Danielle Bérat prennent du galon.

Seul membre de l’assemblée à demander à prendre la parole, le Châlonnais Rudy Namur, désormais à la tête de l’opposition. Conscient de la complexité de la tâche qui lui incombe, au regard de la taille réduite de ses troupes (quatre conseillers), le conseiller départemental se veut pragmatique : « Nous continuerons à faire entendre notre voix sur les sujets qui nous tiennent à cœur : solidarité de proximité, transition écologique, aménagement équilibré du territoire... Nous serons dans une démarche d’alternative possible et pas dans une opposition stérile ».

« Ne jamais subir, toujours rester à l’initiative »

Sensible à l’accompagnement d’une jeunesse fragilisée par la crise, Rudy Namur souhaite notamment que soit envisagée une expérimentation de « Territoire Zéro Chômage » pour les 18-25 ans notamment. « Nous comptons sur la bienveillance et le sens de l’écoute de la majorité départementale », explique l’élu qui débute son troisième mandat et qui demande à la majorité de se montrer « inclusive » à l’égard des élus d’opposition.

« Être constructif et pragmatique ne signifie pas que nous allons signer un chèque en blanc », rappelle-t-il. Au sujet du dossier Vatry : « Nous avons toujours accompagné une démarche pragmatique sur l’aéroport pour ne rien regretter. 2021-2022 est une année charnière. Arrivera-t-on à l’équilibre ? On y tend. Tant mieux car Vatry ne peut plus être un puits sans fond ».

Christian Bruyen, rappelle préférer « la convergence au compromis ». Le président l’avoue : « J’ai horreur des certitudes. J’ai des convictions ». Et parmi celles-ci on retrouve sa volonté de travailler main dans la main avec la Région et son président lui aussi réélu, Jean Rottner. Idem avec l’État, avec lequel il souhaite instaurer « un vrai pacte de confiance pour animer les relations de l’État central avec les collectivités ». 

Autres principes présidentiels qui guideront son mandat : rigueur et sincérité budgétaire, proximité, responsabilité et détermination. Avec en guise de conclusion, un conseil à l’endroit de sa nouvelle équipe, son mot d’ordre : « Ne jamais subir, toujours rester à l’initiative ». Reste à tracer plus précisément les contours de la feuille de route. Rendez-vous à la rentrée.

Benjamin Busson