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Pierre Maroilley

« Nous réalisons vos souhaits ! »

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Photo de Pierre Maroilley
Depuis deux ans, Pierre Maroilley, 38 ans, préside la holding Festigroup. (Crédits : MBP)

Chez Festilight, les lumières des sapins clignotent dans les bureaux et donnent un air de fête permanent à cette réussite familiale. Pierre Maroilley poursuit aujourd’hui dans la lignée de son père Didier Maroilley, qui a eu l’idée lumineuse de créer l’entreprise fin 1997. Dans la lignée mais avec ses idées.

Quand le 1er octobre 2024 la stratégie du groupe est présentée, Pierre, nouveau président, dit à son père : « Tu ne viens plus au bureau pendant deux semaines, c’est la règle. Il nous a laissé notre place. Il est là dès qu’il y a un souci, une question, mais il n’empiète pas. » Depuis, il vient prendre un café, saluer les équipes, cependant il laisse son fils et son gendre prendre les décisions. « Ce n’était pas simple, les salariés m’ont connu petit. Nous avons des personnes qui travaillent ici depuis 25 ans. Je me sens à ma place et mon beau-frère aussi. »

Depuis deux ans, Pierre Maroilley, 38 ans, préside donc la holding Festigroup qui comprend les sociétés Festilight, City Lum et Expelec. Mathieu Canu, son beau-frère, assure la direction générale. L’entreprise fabrique des décors lumineux pour les collectivités et pour les espaces commerciaux. Festilight réalise du sur-mesure pour des établissements comme le Crillon, la Samaritaine, les maisons Dior ou Louis Vuitton, qu’elles soient en France ou à l’international, chacun avec son propre cahier des charges. Avec Pixaro, l’entreprise propose des écrans LED développés à l’origine pour les matchs de l’Estac au stade de l’Aube. Si Festilight vend, elle propose aussi la location des décors pour changer plus facilement d’une année sur l’autre.

« Troyes, Béziers, La Rochelle, Avignon… Nous avons 800 références sur catalogue avec des personnalisations pour les mairies. » L’entreprise travaille avec les designers, les installateurs, les poseurs. Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros, dont 70 % se réalisent sur 14 à 18 semaines pour illuminer la fin d’année.

Entreprise d’utilité publique

« Je recherchais un métier qui apporte quelque chose de positif. Enfant, j’ai toujours vu des décors à la maison et je me suis dit que c’était un métier sympa. Ça sert les gens et on l’a vu après la covid, nous avons fait une année exceptionnelle car ils avaient besoin de se déconnecter, de revoir de belles choses. Là, nous nous sommes dit que nous étions d’utilité publique. » Bardé de diplômes, Pierre Maroilley s’est frotté au marketing international, à la communication, aux techniques de commercialisation, aux achats et à la supply chain.

« Je suis tombé dedans depuis tout petit ! J’ai commencé par tous les emplois étudiants en donnant un coup de main l’été à la préparation de commandes, à l’assemblage. Avec mes soeurs, nous avons fait beaucoup de choses et je suis vraiment rentré dans la société lors de ma dernière année de master. » Quand il prend ses premières fonctions dans l’entreprise familiale, il est assistant qualité en alternance.

« On m’a tout de suite mis dans les problèmes, il n’y a rien de tel pour connaître les produits, les fournisseurs et les relations humaines. Mon travail consistait à l’import de produits chinois. Nous travaillons toute la partie électrique avec nos partenaires asiatiques. Nous avons un bureau d’achat à Hong-Kong, j’aime voyager, j’y suis allé pour faire mon service civique. J’ai consommé un passeport avec les tampons chinois ! Nous travaillons avec les mêmes partenaires depuis 18 ans, des gens qui ont des valeurs proches des nôtres, des sociétés familiales pour la plupart. »

Il y cherche de nouveaux produits, travaille les premiers mois dans une usine pour suivre des productions destinées aux vitrines de Vuitton pour qui l’entreprise réalise toujours des décors. « Il y a deux ans nous avons réalisé un décor de 30 m pour la façade Vuitton de la place Vendôme avec notre partenaire chaudronnier en local. »

Premiers pas en Asie avec son père

Ses premières visites d’usine et de production en Chine, Pierre les fait avec son père avant même de travailler dans l’entreprise, en 2011 quand il est en stage à Hong Kong. Qualité, acheteur puis chef de produit, Pierre monte en compétences et prend la direction du développement jusqu’en 2024, année charnière puisqu’il dirigera, depuis lors, l’entreprise avec son beau-frère.

« Chez Festilight, on prend soin des gens. Des salariés, des fournisseurs, des clients. C’est le plaisir du service. »

Le départ avait été préparé, anticipé pour que les enfants puissent discuter et prendre leurs positions. Ses deux soeurs ont choisi de se retirer de l’entreprise. La nouvelle équipe planifie le changement de gouvernance en amont. « Nous avons pris une consultante qui nous a bousculés. Ce n’était pas toujours agréable, mais c’était nécessaire et nous avons beaucoup travaillé sur notre vision d’entreprise et sur nos métiers. »

Aujourd’hui, l’entreprise compte 90 salariés équivalent temps plein et se réinvente avec de la fabrication additive en impression 3D avec de l’ABS recyclé issu de déchets d’équipements électriques pour un parfait cycle de vie du produit. Depuis toujours, l’ADN de la société repose sur l’innovation avec des brevets déposés et sur la réactivité.

« Nous traversons des crises systémiques, tous les ans il se passe quelque chose en France. Nous voulons structurer la société vers une rentabilité croissante et pérenne. Nous nous orientons davantage vers une économie de service et les clients ont besoin de cela. Nous sommes sur l’innovation de service pour offrir aux clients ce qu’ils souhaitent. Nous sommes dans la réalisation des souhaits. »

Jeune papa, Pierre travaille beaucoup et s’impose ses règles de vie. Le soir, il rentre à la maison de bonne heure pour s’occuper de ses deux enfants, sa passion. « Je veux en profiter et éviter de reproduire les erreurs qu’ont pu faire les générations précédentes. » Puis il va à la salle pour se vider la tête en pratiquant l’Hyrox.

Dans dix ans, Pierre Maroilley ne sait pas ce qu’il fera. « Je suis d’un naturel curieux, je vais aller voir d’autres choses. » Croissance externe, innovation, toutes les pistes sont possibles. Quant à son credo, il repose sur des valeurs profondes, transmises par ses parents. « Chez Festilight, on prend soin des gens. Des salariés, des fournisseurs, des clients. C’est le plaisir du service. » Cette année, Noël sera vert, rouge et or. Parce que même dans l’innovation, la tradition, cela a du bon.