« Entre mon père Jean-Marc qui a officié durant plus de 1 000 matches comme coach et manager général et ma mère Sylvie, joueuse à Calais, j’ai grandi dans une famille de basketteurs. » Très vite, Pierre Bouthors décide de faire du sport son futur métier. Il passe un Master de droit privé à l’université Jules Verne de Picardie et, en parallèle, un diplôme de droit du sport effectué en parallèle et à distance à l’université de Montpellier. Il termine Major de sa promotion. « Après ce cursus de cinq ans, j’ai cherché un métier en lien avec le milieu sportif. J’ai trouvé très challengeant de vivre de ma passion pour le basket en évaluant la performance de joueurs par le biais d’une analyse scientifique de la discipline, intégrant la DATA et des données chiffrées et pointues », explique-t-il.
En 2024, il saute dans le grand bain et crée sa propre société, PIRB Scouting, persuadé que « chaque basketteur professionnel mérite de disposer des outils nécessaires pour se développer et maximiser ses performances ».
En affaire avec plus de 300 joueurs
« Au fil du temps et après avoir démarché au départ pas mal de personnes et approché des joueurs de N1, j’ai constaté que mon idée était très bien reçue dans le milieu de la balle orange ». Des coaches commencent à se servir de ses connaissances et de ses réflexions pour faire progresser leur équipe. Au point de faire aussi appel à lui pour le recrutement ou afin de faire des choix stratégiques par rapport aux adversaires. « Aujourd’hui, mon réseau s’élève à plus de 300 joueurs en France et à l’international dont des basketteurs de clubs professionnels européens ou de sélections étrangères. » Après deux ans de pratique, sa réputation est désormais bien établie auprès de sa clientèle. « De l’Asie à l’Amérique du Sud en passant par diverses ligues en Europe, il n’y a pas de limites. Les Américains qui ont une sensibilité plus avancée pour ce type de produit représentent un tiers de mes clients ». À 26 ans, Pierre Bouthors est maintenant reconnu comme une figure du basket français et son expertise est considérée comme « une valeur ajoutée » par le coach carolomacérien, Jimmy Ploegaerts.
Data et vidéos personnalisées
Son travail d’analyste optimise ainsi le rendement des clubs dont celui de l’Étoile de Charleville-Mézières. « J’ai commencé à accompagner Jimmy Ploegaerts lors de la montée du club ardennais en Nationale 1, après une compétition exigeante avec un rythme de 40 matches dans la saison et une concurrence exacerbée. Cela m’intéressait d’expérimenter mon travail sur le terrain en partageant cette aventure avec mon père, devenu coach-adjoint. »
Et d’expliquer son rôle à l’Étoile de Charleville-Mézières. « Je suis là pour aider l’équipe à préparer les matches dans les meilleures dispositions possibles en atteignant son plein potentiel à partir du scouting (processus d’observation et d’évaluation des joueurs, NDLR.) des joueurs des clubs adverses. Je fournis au coach un maximum d’informations en évaluant le plus précisément possible les forces et faiblesses de nos rivaux. Cela consiste à donner des précisions sur l’endroit où les joueurs sont les plus efficaces sur le terrain ou encore quels éléments sont à cibler dans les phases offensives et là où ils sont moins performants en défense. Ou encore ce que l’équipe rivale va proposer sur ses possessions de balle ou sur certaines actions de jeu ».
« Je suis là pour aider l’équipe à préparer les matches dans les meilleures dispositions possibles en atteignant son plein potentiel à partir du scouting des joueurs des clubs adverses. »
Pour rendre son travail le plus efficace, Pierre Bouthors décompose totalement en amont le style de jeu des joueurs adverses afin de « les mettre en difficulté » le soir des matches contre l’Étoile. L’objectif étant de « limiter le plus possible leurs points forts tout en tirant partie de leurs faiblesses ». À ce job innovant, Pierre Bouthors ajoute une autre palette. « Après chaque après-match, j’effectue aussi un retour vidéo détaillé et individualisé destiné à nos propres joueurs qui ont ainsi la possibilité de disséquer leurs actions individuelles et leur influence positive sur l’équipe ». Le jeune statisticien a influé sur l’arrivée au club de Mario Tonji et, en cours de saison, du pigiste médical (remplacer un joueur blessé par un autre joueur, NDLR.) Théo Pichard qui, en l’espace de 17 matches, est devenu le meilleur passeur et joueur de Nationale 1. Une bonne pioche.
Influent en NCAA et en Australie
Outre ses responsabilités à l’Étoile, Pierre Bouthors via son agence de consulting, collabore désormais avec deux grosses universités américaines et la sélection nationale d’Australie. « Depuis l’été 2025, je travaille notamment avec Louisiana States University, une équipe de NCAA (National Collegiate Athletic Association) figurant dans une des plus importantes conférences américaines et avec qui je coopère avant des matches importants comme je le fais à l’Étoile tout en les aidant dans le recrutement de gros prospects européens ».
Les liens noués avec David Patrick, entraîneur universitaire australien de basket-ball, lui ont aussi permis de se faire une place dans le staff élargi de la sélection nationale australienne. « Pour l’anecdote, j’avais tenté un coup de poker en proposant aux techniciens australiens de scouter leurs principaux rivaux en Coupe d’Asie. Ils ont été convaincus de ma méthode, car je les ai aidés à gagner cette compétition. J’espère bien, maintenant, continuer avec les Boomers, qui font partie du Top 10 mondial jusqu’à la Coupe du Monde 2027 au Qatar. Ce serait une très belle reconnaissance pour quelqu’un qui a créé sa boîte il y a seulement deux ans ».
Reconnaissance envers l’Étoile
Aujourd’hui, Pierre Bouthors éprouve une profonde reconnaissance envers le club ardennais de lui avoir tendu la main. « L’Étoile a été le premier club français à me donner ma chance. Certains me demandent aujourd’hui ce que je fais là avec tout le travail que j’ai à côté avec ma petite PME. Mais c’est une affaire d’hommes et une relation particulière avec Jimmy et mon père qui m’ont amené là. Je n’ai pas oublié la manière avec laquelle le président, Luc Torres, m’a accueilli. J’ai déjà partagé de beaux moments dans les Ardennes au milieu de gens passionnés qui ont les mêmes valeurs que moi ».
Les probants résultats du club en Nationale 1 (neuf victoires consécutives en fin de parcours) ont permis à Pierre Bouthors d’être approché par plusieurs dirigeants de la Ligue Nationale de Basket.
Sa réputation a grandi et lui a aussi valu d’entamer une collaboration avec le site internet Be Basket pour lequel il rédige des articles. « Une opportunité sympa qui m’offre la possibilité de faire des textes en profondeur sur les principaux prospects français ».