« J’ai toujours vécu à Châlons et j’y suis vraiment bien. J’y ai mes amis, ma famille, mon réseau, c’est une ville que j’adore. Donc j’aime en parler et en faire la promotion ». Quand elle évoque sa ville natale, Noémie Brisson a l’œil qui pétille. Intarissable sur ses atouts, la Directrice du Développement économique ne manque pas une occasion de vanter son territoire et elle l’assume. « Je milite aussi beaucoup pour notre image puisqu’on souffre encore de cette image uniquement administrative et militaire. J’en fais presque un combat personnel pour améliorer la perception que les gens peuvent avoir de Châlons. Et ça marche plutôt bien : tous ceux que j’arrive à faire venir repartent convaincus et même des Châlonnais arrivent à voir leur ville autrement ».
Cette passion pour sa ville, Noémie Brisson la tient notamment de sa famille, puisque ses grands parents maternels sont eux aussi liés à Châlons. « Mes grands-parents maternels se sont rencontrés à la brasserie de la Comète, nous sommes de purs produits locaux depuis quelques générations », sourit-elle, en relatant son parcours qui s’inscrit dans la lignée familiale. « J’ai grandi et fait toute ma scolarité dans l’avenue du Général de Gaulle », précise la trentenaire qui, à l’adolescence, se dirigeait vers le métier d’esthéticienne. Mais après une année de CAP passée à Reims, elle change de voie et intègre le BEP vente action marchande au lycée Jean Talon à Châlons. Non pas que sa ville lui manquait déjà mais elle souhaitait surtout trouver un métier plus en accord avec ses appétences. « Ce que j’aimais c’était le contact avec les gens. J’ai adoré mes années de BEP, notamment lors des stages et je me suis révélée ».
Elle enchaîne avec un Bac pro qu’elle obtient avec mention et décide de poursuivre ses études avec un BTS. « J’ai eu l’opportunité d’intégrer l’entreprise Smurfit Kappa à Tours-sur-Marne en alternance en tant qu’assistante commerciale ». Une véritable révélation pour la jeune fille qui peut alors allier le commerce et la découverte de l’industrie, tout en portant de nombreux projets au sein de l’entreprise. « Cela reste une de mes plus belles expériences professionnelles ». Pour ajouter une corde supplémentaire à son arc, elle poursuit ses études dans l’objectif d’acquérir des compétences en Ressources Humaines « pour avoir des bases en droit social et pour pouvoir manager des équipes ensuite ».
Car la jeune femme a de la suite dans les idées. Tenant fermement à son indépendance, elle commence à travailler très tôt en parallèle de ses études. « A 17 ans et 11 mois j’ai signé mon premier contrat de travail, j’étais vendeuse de lingerie à domicile et, à 18 ans et demi, j’ai signé un contrat étudiant chez Flunch où j’ai travaillé toutes les vacances scolaires et tous les week-ends pendant deux ans. La restauration, ça n’est pas facile mais c’est très formateur ».
Expertise de territoire
Après une année de plus en alternance en tant que conseillère en formation chez Opcalia, un organisme paritaire de formation professionnelle, elle y est ensuite recrutée. « Ça a été le début de la carrière que je mène actuellement parce que c’est là que j’ai commencé à travailler avec les entreprises, à faire du conseil auprès d’elles, à comprendre leurs mécanismes et aussi à rencontrer tout l’écosystème que je côtoie encore aujourd’hui »
Quatre ans et un bébé plus tard, Noémie Brisson est recrutée par l’organisme concurrent, l’Agefos PME, où elle devient une experte en formation professionnelle. « Il s’agissait d’accompagner les entreprises, d’aller chercher les projets de développement des compétences et de mettre en face les solutions financières adéquates ». Une expérience qui la fait remarquer par le groupe Yschools qui la recrute pour prendre la responsabilité d’un site historique à Saint-Dizier et d’un nouveau site à Reims. « Puis j’ai pris la tête du service commercial basé à Troyes, donc je me suis retrouvée avec trois équipes sur trois sites et 11 collaborateurs permanents ». Un challenge aussi audacieux que formateur, notamment en matière de management.
« Mon rôle et celui de mon équipe, c’est de faire en sorte que les entreprises qui sont déjà installées chez nous se sentent bien et qu’il y en ait de nouvelles qui viennent s’installer. »
« Après 13 ans dans la formation, j’ai voulu élargir mon champ de compétences. C’est alors que j’ai eu l’opportunité de rejoindre Marne Développement, l’agence de développement économique départementale, qui avait été créé un an auparavant ». Responsable des secteurs de Reims et d’Epernay, elle passe alors trois ans à sillonner le territoire pour accompagner les entreprises dans leurs projets de développement, avant d’apprendre que l’agglomération châlonnaise cherchait un responsable du Développement économique. Y voyant une opportunité en or de pouvoir œuvrer enfin pour son territoire de cœur, Noémie Brisson postule et décroche le poste de Directrice du développement économique en septembre 2024. L’occasion pour elle de mettre au service de la collectivité et des entreprises locales, à la fois l’expérience accumulée au cours de plus de 15 ans passés auprès de l’écosystème environnant, mais aussi l’amour de Châlons. « Aujourd’hui, mon rôle, et celui de mon équipe, c’est de faire en sorte que les entreprises qui sont déjà installées chez nous se sentent bien et qu’il y en ait de nouvelles qui viennent s’installer. On met l’accent sur la qualité de vie et sur le cadre propice à l’entrepreneuriat aussi. Ce qui me tient vraiment à cœur c’est de créer une relation de confiance avec les entreprises et que Châlons rayonne. »
La JCE au coeur
Ne perdant pas une occasion de mettre en avant les atouts de son territoire (la situation géographique, le cadre de vie, l’offre foncière et immobilière, la compétitivité…), la Directrice engage chaque jour son service dans le développement de tout un écosystème composé de partenaires à la fois complémentaires et tous engagés vers un même objectif : promouvoir Châlons et son agglomération. « Le volet collectif est hyper important. On anime beaucoup le tissu économique local à travers nos événements, on travaille avec les entreprises sur les sujets d’actualité et, parce qu’on a créé avec elles une grande relation de confiance, aujourd’hui elles ont le réflexe de nous solliciter quand elles ont a un projet, une question ou un besoin. Nous sommes des facilitateurs ».
Mais Noémie Brisson n’avait pas attendu de travailler pour le compte de la collectivité pour mettre son énergie au services des autres. En 2011, elle intègre la Jeune chambre économique de Châlons après avoir lu un article sur le bureau régional de la JCE dans... les Petites Affiches Matot Braine. Parrainée par le Christophe Guillemot, ancien président de la JCE châlonnaise, elle se lance dans l’aventure avec une première action destinée à recenser tous les lieux accessibles aux personnes handicapées sur le territoire.
Emballée par l’expérience, elle s’implique de plus en plus jusqu’à devenir présidente de la JCE de Châlons en 2014. « La Jeune chambre a été un vrai révélateur pour moi. Aujourd’hui on l’appelle incubateur de leader citoyen et c’est très juste : je me suis rendue compte que, par l’associatif je pouvais apprendre plein de choses, progresser, développer mon réseau et surtout mener des projets pour ce territoire tout en lui étant utile. Cette notion d’utilité est vraiment importante pour moi parce que c’est aussi ce qui m’anime au quotidien dans mon travail ».
En 2017, elle se met en pause du réseau mais elle est rappelée à la rescousse par les « anciens » cinq ans plus tard, quand la Jeune chambre de Châlons est placée en procédure de radiation, faute d’activité. « Je suis une femme de challenge, alors, j’ai accepté le défi ». Avec succès puisque la JCE locale se porte bien et mène beaucoup de projets. Mieux encore, Noémie Brisson reprend peu à peu des responsabilités jusqu’à devenir la présidente de la Jeune chambre du Grand Est en janvier 2026, pour un an. Une dernière danse dans le réseau JCE où la limité d’âge oblige les quarantenaires à céder leur place aux plus jeunes. Si elle raccrochera dans quelques mois avec le sentiment du devoir accompli, cette grande voyageuse sait déjà qu’elle n’aura pas le temps de s’ennuyer, tant les projets son nombreux sur le territoire. Son territoire. « J’ai cette chance de pouvoir m’impliquer dans le cadre de mon travail et par mon engagement associatif pour Châlons dont je suis vraiment une amoureuse ».