Invités / Entretiens

Maud Badureau

L’essence du renouveau pour l’UCIA de Sedan

Lecture 8 min
Photo de Maud Badureau
Adhérente de l’UCIA de Sedan durant deux décennies, Maud Badureau en est désormais la présidente depuis le 2 février 2026. (Crédits : PR)

Après avoir réintégré l’UCIA de Sedan en janvier 2023 comme vice-présidente, Maud Badureau est montée en grade le 2 février 2026 en devenant présidente de l’association. « J’ai accepté ce rôle non par ambition personnelle mais par conviction : celle que le commerce de proximité est essentiel à la vie d’une ville. Être présidente, ce n’est pas un titre, c’est un engagement. »

Femme de terrain, elle se dit consciente des réalités quotidiennes des commerçants et artisans. « Ma vision est simple : je veux fédérer et être à l’écoute d’un maximum de commerçants pour que l’UCIA reprenne de l’élan et s’adapte aux défis de demain. »

Elle avait rejoint l’UCIA en janvier 2006 en tant qu’adhérente puis comme responsable d’animations. « J’ai aidé Francis Mansu, un homme profondément attaché aux valeurs du commerce et à son rôle structurant dans la vie locale. Il m’a permis de comprendre l’importance du collectif, du lien entre les commerçants et le rôle moteur de l’animation dans un centre-ville vivant ».

Un contexte favorable

Alors que la ville de Sedan recense environ 200 commerçants, l’association, grâce à un effort accru sur les réseaux sociaux, est passée de 72 à 105 adhérents. Entre les animations, les dépenses du quotidien, la foire et une masse salariale de trois personnes, l’UCIA gère un budget de 50 000 €. Cela grâce aux subventions municipale, départementale et d’Ardenne Métropole.

Avec l’ouverture prochaine du casino, du complexe cinématographique « Apollo » et d’un nouvel hôtel et le succès grandissant du château-fort, la deuxième ville des Ardennes va gagner en attractivité et Maud Badureau entend surfer sur ces bonnes nouvelles pour redonner plus de dynamisme à l’UCIA. « C’est plutôt porteur pour le tissu commercial local et cela peut faciliter l’émergence de nouveaux négoces mais nous voulons aussi proposer des animations adaptées à l’attente des commerçants sedanais. »

Maud Badureau veut aussi redonner ses lettres de noblesse à la foire de Sedan qui fête cette année ses 90 ans par une refonte de la formule.

Un riche parcours d’autodidacte

Fille d’une artiste peintre décoriatrice – qui décorait d’ailleurs les vitrines de Sedan – et d’un papa ouvrier chez Vallourec, Maud Badureau a partagé sa jeunesse entre Sedan, où elle est née, et Vrigne-aux-Bois, où elle a grandi. « Au contact de ma mère que je voyais créer et coudre, j’ai rapidement puisé dans ses inspirations. J’ai hérité de son côté créatif en faisant moi-même de la peinture et de la calligraphie tout en créant des bijoux. Cela m’a poursuivi mais après deux années de gestion administrative et commerciale, je ne me voyais pas faire carrière dans un bureau. »

« J’ai accepté ce rôle non par ambition personnelle mais par conviction : celle que le commerce de proximité est essentiel à la vie d’une ville. Être présidente, ce n’est pas un titre, c’est un engagement. »

Une professeure l’oriente alors vers la Maison Jeanteur pour devenir apprentie esthéticienne. « Lors d’un stage en parfumerie, j’ai découvert le monde de l’entreprise. M. Jeanteur m’a offert l’opportunité de passer un CAP et un brevet professionnel et j’ai, par la suite, poursuivi par un brevet de maîtrise chez Nocibé. J’ai aussi eu la chance de connaître de grandes maisons comme Chanel, Guerlain et Nina Ricci en assurant la promotion de leurs produits. J’ai ainsi bénéficié d’un apprentissage hors normes au cours duquel on m’a transmis la rigueur, le sens du commerce et surtout des valeurs humaines et professionnelles solides. Une sacrée opportunité ».

Cette période a posé les fondations de tout son parcours. Parallèlement aux quatre ans passés chez Jeanteur, elle obtient un brevet professionnel d’esthéticienne à Nancy où elle apprend les soins du visage et du corps et des spécialités annexes de l’esthétique. Elle poursuit par la suite sa formation en passant un brevet de maîtrise à la Chambre de Métiers de Charleville-Mézières et devient maître artisan en 2002.

Entreprendre…

Puis en 2003, elle ouvre, à l’âge de 26 ans, un premier institut de beauté à Vrigne-aux-Bois. « C’était mon poste initial dans la vie active. Un acte fondateur, celui de l’entrepreneuriat assumé. J’ai gardé cette affaire jusqu’en 2014 mais mes racines sedanaises m’ont amené, dès 2006, à ouvrir un second établissement dans la cité de Turenne où en plus des soins du visage et du corps, j’ai créé un bar à ongles et des extensions de cils, ce qui était alors très tendance. Parallèlement à cela, j’ai aussi été formatrice indépendante durant quatre ans pour les chambres de métiers de Reims, Laon, Saint-Quentin et Charleville-Mézières. À travers ce travail intense, il y avait déjà un rêve clair : transmettre mon savoir et mes compétences au service des autres ».

Puis former

Et à 38 ans, en 2014, Maud franchit un nouveau cap. Elle crée l’école de formation professionnelle continue BSA (Beauté Séduction Académie) Badureau. « L’aboutissement d’un parcours mais surtout l’ouverture d’un nouveau chapitre car former, transmettre et accompagner les futures générations professionnelles était devenu une évidence. Cette école était le reflet de mes valeurs : exigence, bienveillance et humanité ».

Place de la Halle puis à proximité de l’hôpital où elle dispose, sur deux étages, de deux plateaux techniques, trois salles de cours et d’autres espaces pédagogiques, cette structure développe alors une formation qualifiante et diplômante aux métiers de l’esthétique et de la coiffure en préparant les étudiants du CAP au Bac Pro à ouvrir leur propre entreprise. Les cours généraux sont dispensés pour une cinquantaine d’apprentis.

Créatrice de parfums

En 2020, elle fonde « Le Boudoir de Maud », un concept de fabrication sur mesure de parfums et de marketing olfactif dont elle s’occupe en solo. « J’adore cet univers. J’évolue dans un créneau de niche en m’étant spécialisée dans des parfums d’origine patrimoniale. À ce jour, trente parfums artisanaux ont été créés dans mon bar à senteurs sedanais. Je travaille en collaboration avec ’Private Label Parfum’, une société du Pays de Grasse. J’achète mes huiles essentielles et mes jus concentrés et je conçois mes recettes au sein d’un atelier ».

La dirigeante vient, par ailleurs, de rédiger un livre « Maud’S’Sens. Le Parfuméride des 15 Essences de Vie », en cours d’édition et dans lequel tout au long d’une centaine de pages, elle raconte son univers parfumé mais aussi son parcours. Elle y explique aussi ses créations. La première mise en vente de ce livre-coffret est prévue en septembre et coïncidera avec la foire de Sedan.