Native de Guadeloupe, mais se considérant comme « une fille de la Métropole, car arrivée en Île-de-France à l’âge de six ans », Karina Braquet rejoint sa mère en Seine-Saint-Denis, puis vit à Paris jusqu’en 2016. Elle met du temps à trouver sa voie. « Quand j’étais jeune, je voulais au début être hôtesse de l’air, ce qui m’a amenée à passer un BTS Tourisme en alternance et à travailler dans une filiale d’Air France où je gérais les programmes de fidélité. »
Un parcours jalonné de remises en question
Poussée par l’envie de connaître une autre expérience, elle s’oriente ensuite vers la filière bancaire. « Après avoir réussi un BTS Banque, j’ai démarré en bas de l’échelle sur le marché du particulier et en tant que téléconseillère au sein de l’enseigne LCL, avant de rejoindre ensuite le Crédit du Nord comme chargée d’affaires professionnelles à Saint-Denis puis dans la capitale. » Cette trajectoire lui permet d’obtenir une mutation à sa demande, à l’agence Kolb, à Charleville-Mézières. « Je n’ai donc pas eu à rechercher un emploi, ce qui a facilité notre installation dans le département d’origine de mon mari (Benjamin Braquet, fondateur d’Été Indien, ndlr. ). Quitter Paris pour s’installer dans les Ardennes a été un choix de vie assumé. J’ai décidé de m’ancrer personnellement et professionnellement dans le territoire avec l’envie d’y être utile. »
Un déracinement choisi, mais non sans difficultés. Karina Braquet avoue avoir mis trois ans à s’acclimater pleinement. « Le manque de lumière en hiver, mon ancienne vie de pure citadine, le fait de passer à un mode de vie complètement différent ont constitué un vrai choc pour moi. J’étais complètement déconnectée. Cela n’a donc pas été simple tout de suite mais aujourd’hui, je ne regrette rien, d’autant que le cadre de vie est exceptionnel », confesse-t-elle. Sa volonté d’apprendre, d’avancer et de se challenger l’aide progressivement à trouver sa place.
Un tournant professionnel
Elle rejoint ensuite le réseau Entreprendre Champagne-Ardenne, où elle exerce comme coordinatrice dans la Marne. « Cette immersion a été un tournant professionnel fort avec la découverte du quotidien des dirigeants de TPE/PME. Mon passage d’un grand groupe bancaire à Réseau Entreprendre m’a confrontée à la réalité des dirigeants de TPE/PME et m’a habituée à prendre des décisions rapides, à assumer des responsabilités multiples tout en connaissant parfois des moments de solitude. »
« Quitter Paris pour s’installer dans les Ardennes a été un choix de vie assumé. J’ai décidé de m’ancrer personnellement et professionnellement dans le territoire avec l’envie d’y être utile. »
Parallèlement, elle reprend ses études et obtient un diplôme en gestion et développement d’une business unit (Bac +4) à Neoma Business School à Reims. « Ce diplôme, validé au terme d’un cursus que j’ai tenu à autofinancer parce que ma famille n’avait pas les moyens de financer une école de commerce, a renforcé ma confiance et ma légitimité professionnelle. Ce fut une grande fierté personnelle et un accélérateur de responsabilités professionnelles. »
Une expérience déterminante chez Resideis
La native de Pointe-à-Pitre décroche ensuite un poste d’adjointe de direction chez Resideis (résidences sociales). « La marche était extrêmement haute pour moi, mais j’ai appris beaucoup de choses durant deux ans. Je devais assurer et transmettre l’application de la vision stratégique. Mes missions très polyvalentes allaient du management, du recrutement, de la gestion à l’animation et la représentation, en passant par la communication. »
Elle y découvre également le recrutement dans des structures sans service RH dédié. « Ce qui allait me servir par la suite. Ça m’a ouvert les yeux. J’ai estimé qu’il était grand temps de me lancer dans l’entrepreneuriat. C’était le moment ou jamais. L’idée commençait à germer dans ma tête. »
Recruter mieux et de façon durable
Karina Braquet décide alors de se reconvertir en indépendante dans le recrutement, un secteur mêlant commerce, communication, marketing et relations humaines. « Pour mieux appréhender le métier, j’ai commencé à tâter le terrain en rejoignant le collectif de recruteurs indépendants “Le Mercato de l’Emploi”. Je me suis rendu compte que le modèle classique des cabinets de recrutement attirait de moins en moins les dirigeants de TPE et PME, qui ont besoin de plus d’agilité et d’accompagnement. » Elle observe des chefs d’entreprise souvent isolés, contraints d’embaucher dans l’urgence. « Cela m’a confortée dans ce que je voulais faire. Certains viennent aujourd’hui me chercher pour être leur copilote ou leur bras droit, d’autres pour des missions de chasse. »
Après avoir mûri son projet de longue date, elle fonde son entreprise « Osé Recrutement » et sa propre marque en juillet 2024, à la pépinière d’entreprises de Charleville-Mézières. Partant du constat que les dirigeants de TPE/PME n’ont pas besoin d’un prestataire supplémentaire mais d’un partenaire impliqué et ancré localement, elle développe une approche directe et très humaine du recrutement. « Mon concept repose sur la proximité, la compréhension du terrain et la chasse de profils clés. Ce modèle répond précisément aux besoins des entreprises locales, à savoir sécuriser leurs recrutements en réduisant le turn-over. »
Recruter pour ceux qui ne connaissent pas la région
Elle recrute des profils sur mesure pour l’outil de travail des entreprises. « Je recrute avec la même exigence et la même ambition que si c’était pour ma propre entreprise. Mon service s’adresse aussi aux dirigeants qui s’installent dans les Ardennes et doivent recruter localement sans connaître le territoire ni les réseaux. »
Afin de conserver un lien permanent avec le terrain, Karina Braquet assure également une mission continue de recruteuse et consultante RH dans une entreprise métallurgique, FTV à Vireux, ainsi que pour une autre PME de la vallée de la Meuse, où elle travaille étroitement avec les RH sur des recrutements pénuriques et l’amélioration de l’approche directe des candidats. « Ce qui me permet de développer mes compétences à 360° dans le secteur des ressources humaines. »
Entre juillet 2024 et le 31 décembre 2025, 32 recherches de candidats lui ont été confiées. Elle a pourvu 25 postes en identifiant et attirant 25 profils validés par ses clients. Le temps médian pour trouver un poste dans les Ardennes est estimé à environ 45 jours, un délai plus long pour les postes de cadres ou les profils numériques.