Marié, père de trois enfants de 13, 21 et 30 ans, Jean-Philippe Vitry, originaire de La Grandville, âgé de 48 ans, a été élu le 8 juin dernier par l’ancien conseil d’administration de la CPME président des « Entrepreneurs Ardennes ». Il a succédé à Nancy Turquin, pour un mandat de cinq ans. L’ancien vice-président s’était préparé à ce passage de témoin car il était intéressé par ce poste pour lequel il avait reçu de nombreuses sollicitations. « Ma présidente et les membres du bureau m’ont poussé à assumer cette responsabilité nouvelle », livre-t-il.
Une relocalisation appréciée des adhérents
Première organisation patronale chez les chefs d’entreprises devant le Medef et l’U2P, « les Entrepreneurs » (ex-CPME) présente la particularité d’avoir relocalisé son activité dans son propre département. Une mesure souhaitée et demandée par le président national, Amir Reza-Tofighi, et devenue effective le 7 avril dernier avec l’ouverture d’un bureau désormais implanté au 18, avenue Forest à Charleville-Mézières et tenu de façon quotidienne par une secrétaire générale, Pauline Airault, chargée aussi de la communication.
« Le fait d’avoir désormais une visibilité sur le territoire grâce à cette vitrine a été très bien accueilli par notre soixantaine d’adhérents, ce qui prouve que nos chefs d’entreprises avaient besoin d’un contact. Ce service de proximité a suscité un engouement certain et devrait nous permettre, à moyen terme, d’étoffer le nombre de nos adhérents », estime Jean-Philippe Vitry, satisfait de fonctionner ainsi en « autonomie complète ».
L’union territoriale a par ailleurs constitué une « task-force » composée de six vice-présidents spécifiques : Nathalie Robin (L’Annexe à Sedan) aux services, Vincent Barthélémy (ITS à Bazeilles), Valérie Messina dans un domaine qu’elle connaît bien en tant que présidente de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Agnès Airault au pôle commerce, Nancy Turquin qui apportera son expérience dans le partenariat et l’évènementiel et enfin Fabrice Deveney, le directeur du BricoMarché de Bazeilles.
« Partant d’une page blanche, j’ai déjà des idées mais j’apprécie aussi d’en partager avec d’autres pour avancer plus vite. C’est pourquoi, nous essayons de nous réunir une fois par mois. Lors des prochains rendez-vous, nous allons nous efforcer de fixer des lignes directrices et une feuille de route, développer notre réseau et nous faire connaître des autorités politiques et économiques. Nous avons déjà commencé ce travail à travers des entrevues avec le Préfet et le sous-Préfet, les députés ardennais et les responsables de diverses instances (France Travail, les centres de formations. »
Virage professionnel
Sur le plan professionnel, Jean-Philippe Vitry a suivi un parcours atypique. « Initialement, je voulais travailler dans le milieu industriel. Après avoir passé avec succès un BEP Maintenance des Systèmes Mécaniques Automatisés puis un baccalauréat professionnel dans la même filière, j’ai intégré en 1998 l’entreprise Visteon (Hanon Systems, aujourd’hui) comme électromécanicien. Après réflexion, je me suis réorienté vers le service à la personne car je voulais travailler dans un secteur d’activité où il y avait de nombreux contacts humains. Voilà comment je suis arrivé dans le transport sanitaire. »
Jean-Philippe Vitry a eu, en effet, l’opportunité en novembre 1999 d’être embauché, sans le moindre diplôme à l’époque, par Bernard et Marie-Christine Loriette, les fondateurs de la société d’ambulances éponyme. « Ils m’ont témoigné d’une réelle confiance en me recrutant comme simple chauffeur. Je n’avais en tout et pour tout qu’un diplôme de secouriste. Mais par la suite, j’ai étoffé mon registre. Mon parcours s’est construit progressivement : d’abord ambulancier pour arriver progressivement au statut de chef d’entreprise passant tour à tour mon Diplôme d’Etat d’Ambulancier puis d’autres formations adéquates étroitement liées au transport sanitaire. Par la suite, en 2004, mes patrons m’ont proposé d’être salarié associé à eux et de racheter leur entreprise. J’ai accepté la proposition avant de racheter le fonds de commerce de la société en 2008 ».
Et depuis cette promotion, l’autodidacte devenu directeur général a fortement développé et diversifié une entreprise désormais baptisée « Ambulances Loriette-Vitry ». Pour cela, Jean-Philippe est devenu « un véritable couteau suisse après avoir tout appris au fil des années » en se familiarisant tour à tour avec la gestion, les ressources humaines et la comptabilité.
40 salariés, 2 millions d’euros de chiffre d’affaires
« Aujourd’hui, la société, à partir de son siège social carolomacérien et de sa succursale de Mouzon, a pris de l’essor au point de passer d’un effectif de cinq à quarante salariés. Après avoir racheté la totalité des parts, j’ai fait grandir l’entreprise par croissance externe en acquérant des licences de taxe autour de Charleville-Mézières ainsi qu’un VSL (Véhicule Sanitaire Léger) des Ambulances Priscilla à Flize et, il y a trois ans, Lacourt à Mouzon au départ en retraite du gérant de l’affaire. En m’associant à l’enseigne nationale, Capvital Santé, j’ai aussi ouvert un magasin de vente et location de matériels médicaux pour écouler toute sorte de produits auprès des professionnels de santé (médecins, kinésithérapeutes, ostéopathes, dentistes...) et des particuliers. »
Aujourd’hui, Loriette-Vitry, qui fête cette année ses 22 ans et réalise ainsi un chiffre d’affaires d’un peu plus de deux millions d’euros, en exerçant sur une zone géographique comprenant le quart Nord-Est de la France, est doté d’une flotte de dix-huit véhicules (quatre ambulances, neuf taxis, quatre Véhicules Sanitaires Légers et un véhicule LOTI). Après avoir développé l’activité taxi, elle emploie 40 collaborateurs : 14 auxiliaires ambulanciers, 8 ambulanciers diplômés d’Etat, 11 chauffeurs de taxis, deux secrétaires, 3 régulateurs, une commerciale, un responsable de magasin (le fils aîné de Jean-Philippe Vitry) et un technicien. « On se déplace bien sûr beaucoup : 800 000 km par an avec les taxis, 280 000 km en ambulance et 240 000 km en VSL pour un nombre d’interventions allant entre 150 et 200 missions par jour en sachant qu’on assume une délégation de service public pour le Samu de l’hôpital de Charleville-Mézières, ce qui nous oblige à nous doter d’un véhicule adapté », récapitule Jean-Philippe Vitry.