

« Nous avons encore des tables à dessin dans le sous-sol ! », sourit Jean-Luc Séclier qui se remémore les premières années du bureau d’études techniques AGS Ingénierie dont il est l’un des dirigeants associés. « En 1995, nous dessinions encore avec les Rotring. L’information et internet ont tout bouleversé depuis ». Spécialisée dans l’étude et l’analyse technique de tous types d’énergie, chauffage, électricité, ventilation, climatisation, sécurité…, l’entreprise a 30 ans cette année.
Elle a grandi en toute discrétion, laissant, dans son sillage, sa contribution à des chantiers majeurs dans des sites protégés et patrimoniaux comme l’Église de Nogent-sur-Seine ou le château de Dampierre. « Pour la Cité du Vitrail, nous avons travaillé avec l’architecte Eric Pallot. Il est vraiment passionnant de mettre en place des installations techniques invisibles comme les planchers chauffants de la chapelle, de dissimuler les traitements d’air », explique le passionné par les challenges atypiques.
L’histoire d’AGS commence par une rencontre dans les années 1980, une amitié qui marquera son histoire. « Quand j’étais étudiant au lycée Saint-Joseph à Troyes, je suis en stage dans l’entreprise Achard et j’y ai rencontré Alain Grosjean. Il était responsable d’affaires au bureau d’études. J’ai fait tous mes stages là-bas et des liens se sont créés ». Quand Alain Grosjean décide de reprendre un bureau d’études, il contacte Jean-Luc, puis très vite, ils créent ensemble AGS le 1er août 1995 avec un troisième associé, Emilio Antunez, expert-comptable.
À l’origine, AGS travaille uniquement dans le secteur thermique. À la demande des clients, ils élargissent l’activité à l’électricité avec l’arrivée de Céline Bodier, associée depuis. « Nous avons aussi accueilli un stagiaire, David Lebrun, il est resté avec nous et a aussi pris des parts dans la société ».
Les débuts de la gestion technique du bâtiment
Progressivement, le cabinet monte en puissance. « Pour nous, la rénovation énergétique des bâtiments a commencé dans les 1990. Nous étions les premiers à avoir les logiciels d’études thermiques. Puis les clients nous ont incités à intervenir sur les études d’isolation par l’extérieur, des combles, du plancher, etc. Le local de la MSA a été notre premier chantier avec l’architecte Daniel Regnault vers la gare de Troyes. C’est un chantier de référence, nous y avons intégré les premières installations de domotique avec la gestion technique du bâtiment du chauffage et de la climatisation. C’était un bâtiment novateur. Il fait partie des chantiers prestige, ceux qui demandent un investissement temps important et qui nous sortent de notre routine », se souvient Jean-Luc Séclier.
« J’aime les chantiers atypiques qui nous font sortir de la routine. »
L’entreprise commence à faire du tous corps d’État « dans la limite de ce que ne faisaient pas les architectes avec qui nous travaillons ». AGS développe ses compétences en panneaux photovoltaïques et énergies renouvelables. « Nous sommes multiénergie ! »
Le bureau doit suivre l’évolution des réglementations et s’adapter au législateur. « Depuis que je suis dans le métier, je dis toujours, à chaque bâtiment son énergie. Toutes les énergies sont bonnes ». AGS Ingénierie ne va pas mettre des pompes à chaleur partout, mais adapter la solution au bâti et aux besoins. « Je soutiens la filière biogaz via la méthanisation, mais nous ne pouvons pas considérer cette énergie dans nos calculs comme énergie renouvelable. C’est une aberration. Aujourd’hui dans l’Aube, en été, nous sommes indépendants en gaz fossile, nous couvrons tous nos besoins avec la méthanisation. La filière bois reste aussi une filière que nous conseillons ».
Cumul de mandats
Boostée par le plan de relance et la rénovation énergétique, l’activité d’AGS accélère aussi à l’approche des échéances électorales, Jean-Luc Séclier le sait bien. Il a été élu et adjoint à la mairie de Mesnil-Sellières pendant dix-neuf ans et a honoré un mandat de conseiller communautaire, dans ces deux fonctions, il avait la responsabilité du patrimoine. « Cela permet de faire des connaissances et de créer du réseau », comme avec le Medef où il vient d’entrer au conseil d’administration.
Président du conseil d’administration du Cours Saint-François de Sales, établissement d’enseignement privé à Troyes, ce père de famille catholique pratiquant et qui arbore sa médaille autour du cou, n’en est pas moins un fervent pêcheur ! « La chasse et la pêche sont mes sas de décompression. Je pêche en rivière, je chasse en plaine dans l’Aube et le gros gibier en Haute-Marne ». Il est par ailleurs investi dans l’association de Chasse de Piney depuis 20 ans.
AGS Ingénierie emploie onze équivalents temps plein et atteint cette année 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires, un résultat en progression. « Là, nous allons stabiliser, nous venons d’investir pour renouveler notre parc informatique pour supporter les maquettes 3D en DAO (dessin assisté par ordinateur) et avons acheté un traceur couleur pour imprimer les plans avec plieuse automatique ».
Installé dans les bureaux de Villechétif depuis 15 ans, « nous travaillons uniquement sur appels d’offres et pour des marchés publics ». Pour renforcer sa crédibilité pour les gros chantiers, il y a dix ans, AGS a pris des participations dans le bureau d’études EDE Ingénierie Group à Metz. Il s’agit d’un cabinet pluridisciplinaire qui regroupe dix entreprises dans les domaines du bâtiment, des infrastructures, des aménagements et de l’énergie qui lui permet d’entrer dans la cour des grands « Nous avons tous 10 % d’action et la présidence tourne. Nous pouvons nous positionner sur des appels d’offres majeurs comme celui remporté pour la Gendarmerie de Nogent-sur-Seine avec Fayat via Mon Logis et celui de la réhabilitation de 684 logements de Mon Logis porté en conception réalisation par Bouygues Immobilier ».
Avec EDE, AGS intervient partout en France avec une force de frappe de plus de 100 collaborateurs. Si le fondateur Alain Grosjean et son épouse Marie-Claude Grosjean profitent désormais de leur retraite, ce n’est pas encore d’actualité pour Jean-Luc Séclier. Lui, qui pudique, a du mal à parler de lui-même, avoue toutefois « ne rien s’interdire pour la suite ! ». Avec, pour commencer, trente bougies à souffler pour AGS.