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Frédéric Cuchet

Un parcours entre réseaux et voies d’eau

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Photo de Frédéric Cuchet
Pour Frédéric Cuchet, l’opportunité de venir dans les Ardennes au convenait à son précédent parcours et à son sens du relationnel. (Crédits : PR)

Depuis le 6 juillet, le réseau fluvial des Ardennes et de la Meuse est entré dans une nouvelle phase avec l’arrivée de Frédéric Cuchet aux commandes du Service territorial de Voies Navigables de France. Rattaché à la Direction territoriale Nord-Est de VNF, il encadre depuis Charleville-Mézières 120 agents, hors saisonniers, dans les Ardennes et dans la Meuse, en pilotant un périmètre qui s’étend sur 348 kilomètres de voies navigables. Soit le canal des Ardennes entre Dom-le-Mesnil et Semuy (76 km) et celui de la Meuse, de Troussey à Givet dans la Pointe des Ardennes (272 km). « Avec ces équipes, ma tâche consistera à piloter l’exploitation, l’entretien et la modernisation de 150 infrastructures fluviales (écluses, barrages, ponts, tunnels et réservoirs), tout en développant les différents usages de la voie d’eau et en renforçant les partenariats avec les collectivités locales et les acteurs économiques, notamment dans le cadre du contrat de canal signé en 2022 qui a ajouté la gestion de l’eau et l’adaptation au changement climatique aux précédentes missions ».

Transformation du réseau fluvial

Mais l’enjeu dépasse la simple gestion des canaux. « Il s’agit aussi d’exploiter toutes les possibilités qu’offre le réseau fluvial dans l’économie, le tourisme et la transition écologique », contextualise le nouveau responsable de VNF. La nomination de Frédéric Cuchet intervient, en effet, dans une situation où Voies Navigables de France entend changer de dimension à l’échelle nationale en accélérant la transformation de son réseau pour répondre aux nouveaux enjeux économiques et environnementaux. Un contexte qui correspond au profil du nouveau venu.

Diplôme de Sciences Po

Au gré du parcours professionnel de son père, ancien cadre informatique, Frédéric a grandi à Lyon durant une dizaine d’années avant de passer son cursus scolaire et universitaire à Vannes, où il a suivi une classe préparatoire en Hypokhâgne.

« J’aspire aujourd’hui à mettre mon expérience au service de la voie d’eau et d’un territoire qui a une histoire personnelle forte pour moi. »

Soit une préparation d’excellence intense et exigeante d’une année combinant enseignements littéraires, économiques et scientifiques. « Ce qui m’a permis par la suite d’effectuer trois années d’études politiques à l’IEP de Lille et une à l’étranger à Arhus, au sein du département des Sciences Politiques de l’Université de la deuxième ville du Danemark et d’être ensuite diplômé à Sciences Po en 2004. Une période très riche en raison de la pluralité des disciplines ».

Lui qui, à la base, voulait suivre une école de journalisme, s’est orienté vers la sociologie politique. « Depuis l’âge de dix ans, je m’intéressais à l’actualité politique et je me rappelle avoir souvent suivi, le dimanche, avec mon père, l’émission 7 sur 7 ». Suite à une année d’études supplémentaires, Frédéric Cuchet obtient un Master 2 professionnel à la Fac de droit « Action Publique Locale », mention « Gestion de projets ». Au bout de ses cinq années, il se forme au management.

Fort de ce solide bagage universitaire, il lance alors sa carrière professionnelle en s’ouvrant la possibilité de travailler dans la sphère de la politique locale.

« Très vite après la fin de mes études, je découvre un secteur que je ne connaissais pas du tout : le milieu des organisations professionnelles, en mettant le pied à l’étrier au syndicat de défense de l’industrie pharmaceutique ». À ce titre, il devient chargé de mission du Leem, « Les entreprises du médicament », et fait la connaissance de nombreux délégués généraux de fédérations. Ensuite, après avoir exercé des responsabilités au sein de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises de Seine-et-Marne en développant ce syndicat patronal, il devient, à 26 ans, secrétaire général de cette instance à Melun en étant propulsé sur le territoire en tant qu’acteur de la vie économique chargé du soutien aux entreprises locales. En 2008, au Centre d’Études des Directeurs d’Associations Professionnelles (CEDAP), il démarre un cycle de 14 ans pour ce réseau en tant que délégué général. Là, il accompagne 300 directeurs et délégués généraux représentant tous les secteurs d’activités de l’économie française. « Je suis fier d’avoir contribué à l’essor de cette "start-up patronale" considérée comme un laboratoire d’idées et à la valorisation de ces entités, véritables poumons économiques et acteurs majeurs du dialogue social et sociétal ».

À la découverte de l’artisanat

En 2023, Frédéric Cuchet franchit une nouvelle étape pour conforter son bagage personnel. La Chambre de métiers et de l’artisanat d’Ile-de-France est son nouvel employeur. Il est nommé directeur territorial des Hauts-de-Seine à Nanterre où « durant deux ans, j’ai dirigé un organisme consulaire comprenant une cinquantaine de collaborateurs ».

Puis il conduit pendant un an et demi la transformation de cet établissement public de 1 000 équivalents temps plein via une action de pilotage des services tout en faisant de l’artisanat un vecteur majeur de développement de proximité. L’excellente connaissance des organisations professionnelles, des syndicats et des TPE/PME constituera bien sûr un atout pour Frédéric Cuchet au moment de briguer le nouveau poste qu’il occupe depuis l’été à Voies Navigables de France.

Face à la nécessité de moderniser ses réseaux, développer le transport de marchandises par voie d’eau et adapter les infrastructures existantes au changement climatique, les compétences affichées par l’intéressé ont convaincu VNF d’avoir fait le bon choix.

Au cours de sa nouvelle mission « qui est la concrétisation d’un projet de vie familiale car je voulais absolument venir dans un territoire où ma femme a grandi, où je me suis marié et où mes enfants avaient l’habitude de venir régulièrement en vacances », il forme un binôme de direction locale avec José Malara, chef du service territorial adjoint, mobilisé aux côtés des équipes pour garantir la qualité du service public fluvial et les grands enjeux de la gestion de l’eau et le développement des usages de la voie d’eau. « Je change de voie, mais pas de cap ! J’ai eu la chance de croiser jusqu’ici de nombreux secteurs d’activité que j’ai contribué à valoriser. Convaincu de la force du collectif, j’ai toujours aimé créer des ponts et des passerelles. J’aspire aujourd’hui à mettre cette expérience au service de la voie d’eau et d’un territoire qui a une histoire personnelle forte pour moi. Cette opportunité de venir dans les Ardennes avec ses enjeux managériaux me convenait bien ».