C’est par des études de Droit que Didier Poillerat a débuté sa carrière dans le monde de la Santé. Après un bac scientifique, il se dirige vers une licence et une maîtrise de Droit public à l’Université d’Orléans, avant d’intégrer l’Institut d’Études Politiques de Paris. Puis, il poursuit sa formation et ses études à l’École nationale de la Santé publique à Rennes. Et d’expliquer cette option : « La santé, c’est quelque chose de capital dans la société et pouvoir diriger un établissement de ce secteur d’activité, c’est quelque chose que j’avais au fond de moi. Enfin, c’est l’une des administrations où on avait encore le plus de marge de manoeuvre et la possibilité d’orienter les choix et les choses. »
Une solide expérience dans le management
À partir de 1992, Didier Poillerat entame donc sa carrière dans ce milieu comme cadre à l’hôpital de Tourcoing. « J’étais chargé de la direction de la logistique, des achats et des travaux. Un premier rendez-vous professionnel qui reste bien sûr ancré dans ma mémoire, car il est le point de départ d’un parcours très dense. »
Par la suite, il occupera six autres postes d’encadrement. Il dirigera en effet l’hôpital local de Montfort l’Amaury dans les Yvelines, le site du centre hospitalier régional d’Orléans, l’hôpital de Châteaudun (Eure et Loir), puis trois établissements implantés dans le Loiret (Montargis, Beaune la Rolande et Pithiviers) et enfin, un centre hospitalier intercommunal en Normandie comprenant les unités d’Elbeuf (Seine Maritime), Louviers, Bourg Achard, Val de Reuil et Le Neubourg (Eure), ainsi que l’Ehpad Pont de l’Arche. Il avait ainsi en charge 2 800 personnes. « Ce fut mon plus important poste avant ma nomination dans les Ardennes. » Une évolution de carrière qu’il qualifie de « logique et cohérente ». Aux différents endroits qui ont jalonné son parcours, Didier Poillerat s’est distingué par sa volonté de développer les activités tout en améliorant le statut des agents en transformant, par exemple, des CDD en CDI et en postes de titulaires.
En janvier 2026, il prend de nouvelles fonctions à Charleville Mézières à la tête du Centre hospitalier intercommunal Nord-Ardennes où il succède à Thomas Talec, parti rejoindre l’ARS de Nancy. « Venir ici était un choix complètement assumé et délibéré. Le CHINA, qui regroupe l’hôpital Manchester à Charleville Mézières et les hôpitaux de Sedan, Nouzonville et Fumay, représente un très beau groupement hospitalier. C’était mon principal intérêt. J’ai donc postulé et suis ravi d’occuper un poste stimulant. »
« Venir au CHINA, qui regroupe l’hôpital Manchester à Charleville-Mézières et les hôpitaux de Sedan, Nouzonville et Fumay, était un choix complètement assumé et délibéré. »
Didier Poillerat est aujourd’hui à la tête d’une structure de 4 000 employés qui compte aussi huit établissements pour personnes âgées (Ehpad) et les hôpitaux de Belair et Rocroi. Soit une véritable ETI. Encore en phase de découverte et de diagnostic après un premier état des lieux, Didier Poillerat constate que « beaucoup d’actions ont été menées ici ces dernières années pour améliorer l’offre de soins à la population et aux malades ». Comme la coronarographie 24 h/24, la reconduction du service de cardiologie, la création d’une formation de manipulateur radio, le changement de deux IRM et le redémarrage de l’activité liée aux troubles du sommeil. Mais aussi le lancement de l’activité d’allergologie, la modernisation du service des urgences, la rénovation des services d’hospitalisation et l’ouverture d’un service de soins palliatifs à Sedan.
« J’espère que l’on sera en mesure de poursuivre et de finir les travaux déjà entamés ici et de lancer aussi, malgré un contexte budgétaire contraignant, d’autres projets dans lesquels les soignants pourront s’épanouir et se réaliser. C’est aussi une nécessité pour consolider le rôle du CHINA comme acteur majeur de santé du territoire. »
Le grand projet de l’Oncopôle
Parmi ses objectifs : la réduction des délais de rendez-vous pour les consultations et hospitalisations « en attirant de nouveaux médecins et en étant plus attractif sur les conditions de travail et les matériels », ainsi que l’amélioration de la qualité de prise en charge. Et bien sûr la réalisation, à partir de 2027, du très attendu chantier de l’oncopôle, appelé à s’étaler sur une durée de deux ans et demi avant une ouverture prévue en 2029 sur le site de Manchester. « Ce programme très ambitieux, qui nécessitera une approche collective et un gros travail d’équipe – car manager, c’est associer les personnes – est un signe très positif pour les usagers, d’autant que le département des Ardennes présente un taux de cancers important. Grâce à ce projet qu’il va falloir finaliser, Charleville Mézières sera doté d’un équipement équivalent à d’autres endroits du territoire français. Il évitera aux Ardennais de se déplacer hors du département pour se soigner. »
Le nouveau dirigeant du CHINA souhaite aussi « ne pas oublier l’hôpital de Sedan en le renforçant », trouver des solutions pour résoudre la problématique du recrutement du personnel médical – « ce qui peut passer par des partenariats avec Reims » – et déployer à plus grande échelle le service en ligne Doctolib. Il va aussi suivre de près l’évolution d’une autre opération majeure : celle de la construction du nouvel hôpital Belair, dont il assume la direction par intérim, comme celle de Rocroi.
Sports, histoire et sorties nature
En dehors de ses fonctions très prenantes, le nouveau venu espère profiter au maximum de son nouvel environnement pour faire du jogging et du vélo, se rendre au théâtre municipal et visiter les musées du département, mais aussi ceux de Verdun. Tout en s’adonnant à une autre passion : l’histoire, et notamment celle des guerres mondiales et du XXe siècle. Celui qui est aussi un fidèle et passionné des « Verts » de l’AS Saint Étienne, dont il suit avec intérêt le parcours en Ligue 2 – il était licencié de foot au niveau départemental dans sa jeunesse dans le Val de Loire – ne s’interdira pas d’aller s’imprégner de l’ambiance du stade Louis Dugauguez pour y voir le CSSA. « J’aurai à coup sûr de l’occupation. Pour moi qui aime les grands espaces, j’ai vraiment tout pour être heureux dans les Ardennes », se réjouit celui qui effectue là sans doute sa dernière mission avant la retraite.