Invités / Entretiens

Didier de Amorin

Service gagnant au Palatium

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Photo de Didier De Amorin
Dans son bâtiment de 4700m², Didier De Amorin peaufine l’offre avec un restaurant, un bar, crée une offre séminaire pour les entreprises, accueille les groupes BNI et les entreprises. (Crédits : MBP)

Quand il part en vacances à Toulouse en 2022, Didier De Amorin n’imagine pas que ce séjour va lui changer la vie. « Nous étions chez mon beau-frère et il me demande si je veux faire une partie de padel. Il m’explique que c’est la folie à Toulouse, qu’il faut attendre quinze jours pour réserver un terrain. Je ne connaissais pas le padel. J’essaie et vraiment, j’adore ! J’aime tout. Dans le complexe, c’était noir de monde. Il y avait tous les profils, tous les niveaux, des femmes, des enfants, des joueurs confirmés et des débutants. Pendant une semaine, nous n’avons parlé que de padel et sur la route du retour, j’ai dit à mon épouse : "on ouvre un complexe de padel" »

Il se renseigne, veut tout connaître sur ce nouveau sport et achète un terrain à proximité de la rocade de Pont-Sainte-Marie. Deux ans plus tard, le Palatium fait figure de référence avec son bâtiment de 4 700 m². Didier De Amorin peaufine l’offre avec un restaurant et un bar, crée une offre séminaire pour les entreprises, accueille les groupes BNI et les entreprises. « Le padel est un sport collectif qui se joue à quatre et les joueurs n’ont pas envie de se quitter comme cela après un match. » Avec ses dix terrains, ses 9,5 m de hauteur, 6 800 abonnés sur l’application, 400 licenciés et 200 élèves dans l’académie, le Palatium se veut un endroit où tout a été minutieusement pensé et choisi dans les moindres détails. « Nous sommes le plus gros club du département en termes de licenciés FFT. Le padel, c’est addictif ! Nous avons fait quelque chose qui nous ressemble en nous demandant ce qu’on aimerait retrouver dans un endroit idéal. C’est comme cela qu’on l’a imaginé. Cela nous permet de drainer une cible de clients CSP+. C’est un peu notre maison, nous y passons beaucoup de temps. »

Didier De Amorin et son épouse y accueillent également un centre de fitness et un espace bien-être qui permettent d’assurer un revenu locatif et de sécuriser l’investissement.

Il rêve de devenir VRP

Pourtant, son rêve de gamin, c’était de devenir VRP. « J’avais une image assez précise du VRP. Pour moi, c’était vraiment un idéal, quelqu’un avec une prestance. J’avais une attirance pour le commerce. Je n’ai pas fait d’études, je voulais travailler. À 18 ans, je suis parti à l’armée pour un service long, comme cela je pouvais choisir là où j’allais être. Je suis devenu sous-officier. Comme j’avais une formation de mécanique automobile, je suis rapidement devenu responsable de l’atelier. J’y ai énormément appris sur la gestion du travail, l’organisation, le management. Je pense que l’envie d’entreprendre vient de mon expérience à l’armée. »

Didier envoie beaucoup de CV pendant son service militaire pour anticiper son retour à la vie civile. Après une courte expérience de quatre jours en usine, il amorce un virage décisif et rejoint une société de pièces détachées pour l’automobile, chez Auto-Distribution comme livreur. « J’avais cassé deux voitures, je me suis dit que j’allais me faire virer, mais on m’a proposé de devenir magasinier. J’ai fait un peu de réception, un peu d’expédition puis j’ai travaillé au magasin. » Au bout d’un an, il devient commercial. « On m’a proposé le poste le vendredi, je suis allé m’acheter un costume pendant le week-end et le lundi je commençais. J’avais 20 ans, aucune expérience du métier et j’étais tout seul. Je m’en souviendrai toujours. Pour mon premier client, je suis passé devant en voiture et ne me suis pas arrêté tellement j’avais peur. Pourtant je connaissais les clients, mais j’ai fait deux ou trois allers et retours avant de m’arrêter. » Formé sur le tas, Didier De Amorin prend vite ses marques et reste 13 ans.

« Je pense que l’envie d’entreprendre vient de mon expérience à l’armée ! »

Il dirigera ensuite une plateforme à Provins, en Seine-et-Marne, pendant cinq ans. En parallèle, il monte une société de distributeurs automatiques de vidéos et ouvre une enseigne de magasin Vidéo Futur. « J’avais fait tous les postes et je commençais à m’ennuyer. » Il démissionne. « Je me suis concentré sur mon activité, mais le marché de la vidéo s’est très vite dégradé. J’ai commencé à vendre quelques produits pour l’automobile, comme je connaissais bien le réseau. » En 2007, il crée une nouvelle société à la Chapelle-Saint-Luc dédiée aux pièces automobiles. Dix ans plus tard, il possède quatre magasins, dirige 34 collaborateurs et affiche plus de 6 millions de chiffre d’affaires. « J’étais dans le réseau API et nous étions quelques distributeurs en France à utiliser tous les services qu’ils proposaient. Le réseau s’est appuyé sur nous pour créer une franchise. Puis API a été racheté par Auto-Distribution et moi, j’ai revendu l’entreprise à Auto-Distribution en 2017. »

Une retraite à 50 ans

Le nouveau projet de Didier vise à ne rien faire sauf profiter de la vie avec son épouse. « J’ai toujours dit qu’à 50 ans, j’arrêterai de bosser. Pour moi, la retraite n’est pas une question d’âge mais de moyens. Cela faisait vingt ans que je travaillais non-stop 365 jours par an, j’avais vendu mes entreprises et nous pouvions en profiter. J’aime le travail mais j’avais besoin de couper. » Un an, puis deux, puis trois, puis quatre ans se passent avant ses vacances à Toulouse et son coup de cœur pour le padel. Depuis, tout repart sur les chapeaux de roue avec le Palatium et aujourd’hui le Palatium Stadium, animé par le goût du service et de l’anticipation.

Après 5,2 millions d’euros d’investissement pour le Palatium, il injecte plus de 4 millions d’euros pour les extensions avec deux nouveaux bâtiments pour diversifier l’offre. « Nous aurons près de 10 000 m² de bâtiment sur 25 000 m² de terrain » avec du padel à un contre un, là où il se joue à quatre en compétition. Il y aura aussi du basket à 3 contre 3, du pickleball, du badminton et un terrain multisport. « L’ouverture est prévue en juin 2027 et des clubs sont déjà intéressés pour venir s’entrainer ! »

Conçu dans la même veine que le premier établissement, le Palatium Stadium disposera de salles de séminaire et de salles immersives en plus des équipements sportifs. Une offre destinée aux loisirs, là où le Palatium se positionne aussi sur l’accueil de compétitions au-delà des matchs amicaux et des cours de l’académie. Le Palatium est en effet le plus gros complexe de France. Pas en quantité de terrains mais avec trois terrains centraux aux normes des compétitions internationales, avec 6 mètres entre chaque terrain pour permettre les sorties de terrain des joueurs sur les 3 mètres réglementaires et une grande hauteur sous plafond. Jusqu’à 600 personnes participent ainsi aux compétitions nationales sur trois jours et des bus entiers de joueurs s’y retrouvent.

Il y a quatre ans, Didier ne connaissait même pas l’existence du padel. Aujourd’hui son établissement génère 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires. « C’est passionnant. Je ne connais pas toutes les réglementations, mais l’essence du padel, les attentes, le fonctionnement, l’évolution du padel. C’est hyper important. Cela permet de réagir et de créer un complexe qui répond à la tendance de demain. »