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Cyril Hourriez

Des lettres et des chiffres

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Photo de Cyril Hourriez
Cyril Hourriez : « Aujourd’hui, nous comptons une centaine de structures en place. » (Crédits : PR)

« Depuis sa création en 2018 à Fleigneux, notre entreprise s’est imposée comme un acteur incontournable dans le domaine du lettrage monumental en proposant une large gamme de lettres géantes, de signalétiques XXL et logo 3D en aluminium, polystyrène, résine, bois, béton et solutions hybrides. Nous offrons ainsi des supports de communication personnalisables, mobiles et sur-mesure aux entreprises, collectivités, institutions, grandes marques et pour les évènements culturels en valorisant leur visibilité et leur image. Nos lettres urbaines déplaçables et auto-lestées, nos logos et formes constituent une mise en valeur, simple et efficace. De plus, les solutions fixées au sol, robustes et esthétiques garantissent une implantation durable, stable et parfaitement sécurisée. L’idée générale était de créer un spot moderne, sympa et artistique pour attirer les gens dans les centres-villes ». Voici comment Cyril Hourriez évoque l’activité de son entreprise Au Pied 2 la Lettre, devenue, en l’espace de huit ans, le numéro un français de ces structures urbaines.

Fils d’un enseignant et d’une infirmière, Cyril a découvert le milieu de l’industrie au lycée Bazin de Charleville-Mézières en section Génie mécanique productique. « Je trouvais magique le côté manufacturing et le fait de fabriquer des pièces finies à partir de certains éléments, ça m’a tout de suite plu alors qu’un moment j’avais pensé m’orienter vers le design automobile ou la vidéo en tant que cameraman ou monteur ». Finalement, il poursuit des études à l’IUT Génie Mécanique de Reims puis à l’école d’ingénieurs industriels des Arts et métiers de Châlons-en-Champagne.

Sept ans à La Fonte Ardennaise

« En 2007, j’ai commencé à travailler à La Fonte Ardennaise, d’abord comme stagiaire, avant d’être embauché pour participer à la création de sa filiale en Serbie en prenant part au process technique. Au sein du groupe LFA, j’ai aussi fait de la robotique et de l’usinage, contribué à l’amélioration de process, effectué des actions ponctuelles sur les économies d’énergie aux usines du Mans et de Redon et oeuvré aussi à la réalisation d’une étude dimensionnelle sur le montage d’une ligne de traitement cataphorèse. Durant cette période très riche, j’ai découvert plein de métiers. Cela a été une grande fierté et une révélation de travailler pour ce fleuron de l’industrie locale. »

Après avoir quitté cet univers passionnant où il exerça sept ans, sa carrière se poursuit au sein de l’entreprise orléanaise du groupe suédois Sandvik Coromant, premier fournisseur mondial d’outils coupants, coté en bourse, qui l’avait débauché en lui proposant un poste de technicien d’application et évoluant « sur un gros quart du Nord de la France mais aussi la Belgique, la Serbie et la Slovénie ». Une autre expérience humaine tout aussi enrichissante au cours de laquelle il découvre encore « plein de secteurs d’activités, de matériaux et établi beaucoup de contacts. J’ai vraiment eu de la chance de travailler pour un tel groupe (47 000 salariés dans le monde) ».

Expérience de l’entrepreneuriat

Après quasiment une décennie, Cyril Hourriez – qui avait déjà créé fin 2017 une activité de lettres géantes – fonde en 2018 « Au Pied 2 la Lettre », à Fleigneux. « Attaché à mon territoire, je me suis lancé dans ce business car je pressentais un vif intérêt pour ce type de structures. J’ai alors présenté mon projet à Franck Marcot, un ami qui était adjoint aux sports à Sedan, qui m’a calé un rendez-vous avec le maire, Didier Herbillon. Convaincu, il a été le premier à s’ouvrir à ce concept avant Sainte-Maxime et Troyes. »

Après avoir entamé ce marché en faisant travailler en sous-traitance une PME ardennaise, on a eu d’autres commandes émanant de Sainte-Maxime, Troyes, Rethel pour l’Agora et Charleville-Mézières. Ensuite, ça s’est emballé et le carnet de commandes reste toujours chargé.

« Outre le fait d’avoir beaucoup communiqué sur les réseaux sociaux, notre savoir-faire a aussi profité du bouche-à-oreille après avoir été mis en avant médiatiquement par différentes chaînes de télévision et articles dans la presse nationale. Cette reconnaissance nous a donné une visibilité nationale et une dynamique qui nous a ensuite permis de décrocher d’autres contrats. Actuellement, on s’appuie sur six personnes dans la partie laser, découpe de la tôlerie, roulage et assemblage des lettres, la soudure, le moulage et la peinture-poudrage. Un produit 100 % ardennais quant à la fabrication aluminium. Les lettres en polystyrène et en résine sont, elles, réalisées à Valence et près de Montpellier par des partenaires. »

Phénomène urbain

Au Pied 2 la Lettre, qui réalise un chiffre d’affaires proche d’un million d’euros, a transformé les espaces publics de... 100 villes françaises, belges, luxembourgeoises, suisses et allemandes et aidé des évènements comme l’Enduropale du Touquet-Paris Plage, le Mondial de l’Auto, le Salon de l’Agriculture et des fashion weeks tout en installant une bouteille géante de 6 mètres de haut pour habiller un rond-point de Mareuil-le-Port.

« On a aussi pris part à des projets gratifiants comme les Jeux Olympiques de Paris en concevant les lettres « Paris 2024 » au jardin du Luxembourg et au Sénat, des anneaux olympiques à Lausanne en Suisse pour le CIO en aidant de grandes marques de haute couture (Chanel, Bulgari, Lancel), un restaurant au Qatar et, tout récemment, le cabinet d’avocats Willkie Farr & Gallagher pour un évènement parisien au Petit Palais devant un monument classé historique », ajoute Cyril Hourriez.

« Attaché à mon territoire, je me suis lancé dans ce business car je pressentais un vif intérêt pour ce type de structures. »

Loin d’être de simples objets décoratifs, ces lettres géantes sont aussi de véritables marqueurs de territoire, symboles de fierté locale, points de repères et de rencontres ainsi que des supports photos que les habitants et visiteurs s’approprient naturellement. Bref, elles créent du lien et participent à la mise en valeur du patrimoine contemporain. « Une reconnaissance forte qui met l’accent sur un travail de précision mêlant conception, ingénierie, design et fabrication, réalisé intégralement dans nos ateliers de fabrication, là où prennent forme les productions XXL conçues pour résister aux conditions extérieures. »

Apéros ardennais et Jardin Lecaillon

L’ancien DJ, à l’origine du fanzine « Déclic » et d’un festival de musique à Charleville-Mézières a aussi eu l’idée de créer, en 2019, l’évènement festif itinérant « Les Apéros ardennais », « une marque qui appartient à ma société » et met en avant les produits locaux dans 70 cadres différents et conviviaux. « Je loue ce concept à des associations en capacité de gérer ces soirées et on sillonne le département », indique-t-il.

En avril 2026, suite à un appel à projets lancé par la Ville de Sedan, il a, aussi, postulé avec Yohan Saintmont, propriétaire du Caveau et du restaurant « Les Cocottes d’antan », à la location de la Maison Lecaillon jusqu’alors à l’état d’abandon et inexploitée, en ouvrant sous forme de guinguette un bar d’été et à cocktails. « Un food truck est aussi ouvert à des restaurateurs ardennais pour présenter leur cuisine ». Le Jardin Lecaillon, situé face au Château-fort, est ouvert d’avril à septembre et appelé à connaître des évolutions au cours des prochaines années.