Une Saint-Vincent 2025 réussie sur fond de recul des expéditions
Champagne. Après dix ans d’absence, le cortège de la Saint-Vincent, patron des Vignerons, a effectué un retour remarqué dans les rues de Reims le 17 janvier.
Après dix ans d’absence, le cortège de la Saint-Vincent, patron des Vignerons, a effectué un retour remarqué dans les rues de Reims le 17 janvier. Après un spectaculaire défilé organisé par l’Archiconfrérie de la Saint-Vincent en présence d’une soixantaine de confréries champenoises, plus de 1 500 participants ont assisté à la messe donnée en la Cathédrale de Reims. L’occasion pour les Champenois de remercier la nature pour la qualité de la dernière récolte et d’espérer une vendange 2026 de belle facture.
L’occasion également de procéder à la remise des distinctions, médailles et diplômes décernés par l’Archiconfrérie et la Corporation des Vignerons de Champagne aux personnalités ayant, dans l’exercice de leurs fonctions respectives, rendu service à la Champagne. Traditionnellement, la Saint-Vincent est aussi le moment de faire le bilan de l’année écoulée, notamment en matière d’expéditions. À l’issue du défilé, dans les salons de l’hôtel de ville de Reims, Charles Goemaere, Directeur Général du Comité Champagne a salué la mobilisation des bénévoles de l’Archiconfrérie, contribuant au succès d’une manifestation symbole de l’unité de la région champenoise. Si l’année 2025 a été particulièrement favorable sur le plan viticole avec des conditions météorologiques et sanitaires idéales et à l’arrivée, une vendange « précoce et de grande qualité » qui s’annonce d’une qualité exceptionnelle, les rendements sont restés modérés avec un rendement moyen agronomique à 10 000 kg par hectare.
Du côté des marchés en revanche, le Directeur décrit une situation plus préoccupante avec 266 millions de bouteilles expédiées pour un chiffre d’affaires d’environ 5,7 milliards d’euros. Un chiffre en léger recul par rapport à 2024 et qui rappelle que l’export reste en tête des expéditions avec près de 152 millions de bouteilles, quand le marché français représente environ 114 millions de bouteilles.
Dans un monde économique qui n’a jamais été aussi imprévisible : multiplication des conflits armés, crises économiques latentes, évolutions sociétales… la Champagne se doit néanmoins d’être optimiste, comme le souligne Charles Goemaere. « Dans un marché des vins pour le moins nombreux, les vins effervescents sont la catégorie qui résiste le mieux. Donc, à condition de maintenir le champagne au sommet de la pyramide qualitative des vins effervescents, les Champenois ont toutes les raisons d’être optimistes. Mais pour rester le meilleur vin mousseux du monde, il faut continuer d’investir dans la recherche et dans l’innovation, car les autres ne nous attendent pas ».