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129e année

Julie Beauperin, un talent à la (dé)mesure

Julie Beauperin. Après avoir été directrice commerciale France de Tecsom à Paris, l’Ardennaise de 32 ans, restée dans le milieu de la moquette a lancé l’Atelier de La Démesure à Glaire, dont elle est présidente.

Julie Beauperin.

Fille d’une employée d’assurance chez MMA et d’un monteur-ajusteur au sein de la société Kinetec à Tournes, Julie Beauperin a passé toute sa jeunesse à Montcy-Notre-Dame où elle reste connue pour avoir, dès l’âge de 14 ans, créé un club de danse et fitness, qu’elle a encadré durant cinq années.

« Cette junior association fondée grâce à l’aide du maire actuel de la commune, Christophe Laurent, a compté jusqu’à 45 adhérents et fonctionnait tous les samedis matins pour les adultes et les mercredis pour les enfants. Cette tâche et mon cursus scolaire ont donc occupé une grande partie de mon adolescence. Par la suite j’ai été licenciée à l’école de danse carolomacérienne jazz‘in, ce qui m’a permis de passer mon diplôme et d’enseigner cette discipline avant de raccrocher définitivement à 19 ans ».

Après avoir réussi en 2006 un baccalauréat littéraire avec mention bien au lycée Chanzy, celle qui voulait devenir professeur d’espagnol entre à l’UFR de Reims en Langues Étrangères Appliquées, avant de se demander au bout d’un an si cette orientation était opportune.

Un premier poste chez Tarkett

Julie change alors d’optique pour se diriger, en 2009, vers le commerce international. « Je pensais qu’il y aurait plus de débouchés dans cette filière et j’avais aussi envie de bouger. »

C’est au lycée Pierre-Bayle, à Sedan, que Julie obtiendra son BTS. Durant ce cursus de deux années, elle apprend beaucoup de son voyage à San Sebastian, en Espagne. « Je garde un très, très bon souvenir de ces années durant lesquelles j’ai appris le goût du travail et de l’effort, goûté à l’indépendance et parfait mon espagnol et mon anglais ».

« TecSOM est une PME où j’ai appris énormément. Les diverses fonctions que j’y ai occupées m’ont permis d’œuvrer beaucoup à l’étranger à la recherche de nouveaux produits. »

Durant l’été 2009, Julie Beauperin a rapidement l’occasion de fourbir ses premières armes chez Tarkett. « J’ai postulé par le biais d’une agence d’intérim et j’ai été ensuite contacté pour effectuer un remplacement de quelques semaines au service clients export. Cela s’est très bien passé et alors que j’avais prévu de reprendre mes études pour entamer un Master à Reims, j’ai finalement enchaîné à Glaire chez TecSOM, le jour même de ce qui devait être… ma rentrée étudiante ! Je me suis dit que l’expérience valait plus que la théorie. »

Un an après, le DRH de TecSOMrecherche un CDD d’un an au même poste que celui qu’elle a occupé précédemment chez Tarkett. Elle restera finalement cinq ans au sein de l’entreprise locale où, à partir de 2010, elle cumule différents postes au commercial/export, douanes et transports, puis au service marketing en tant que chargée de projet, chef de produit puis directrice du service marketing.

Promue directrice commercial France, elle quitte les Ardennes en 2015 pour rejoindre Paris. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, la jeune femme d’à peine 26 ans, gère alors une équipe de douze commerciaux basés sur le territoire national et doit « aller chercher des mètres carrés de moquettes ».

« TecSOM est une PME où j’ai appris énormément. Les diverses fonctions que j’y ai occupées m’ont permis d’œuvrer beaucoup à l’étranger à la recherche de nouveaux produits. J’ai également pu effectuer de nombreuses formations en matières et design. J’ai ainsi parcouru l’Europe (Autriche, Pologne, Angleterre, Italie, Espagne) tout en me rendant à Chatoacoga dans le Kentucky, en Chine et en Corée. Grâce à cela, j’ai développé beaucoup de mes connaissances. »

L’Atelier de la Démesure

En 2018, après avoir un moment pensé ouvrir une maison d’hôtes, Julie Beauperin avec deux proches qui comptent beaucoup pour elle - Bruno Zwed, un retraité de Sommer qui a toujours travaillé dans l’impression haut de gamme sur moquette, et Arnaud Delière, lequel gère pour sa part deux imprimeries au Plessis-Pâté et à Niort - décide de lancer une petite structure spécialisée dans la moquette haut de gamme « L’Atelier de la Démesure ». « Sans eux, il ne se serait rien passé », livre la jeune femme. Ils s’occupent de la partie technique et elle est à la fois présidente mais aussi chargée du développement et du commerce.

Cette marque de luxe a été déposée en 2019 et une SAS ouverte à Glaire, dans des locaux loués à TecSOM qui livre d’ailleurs des moquettes à l’Atelier de la Démesure, en concourant ainsi à développer ses produits de revêtement de sols.

La TPE emploie cinq personnes pour concevoir et fabriquer des moquettes en dalles sur mesure pour les bureaux, hôtels, aéroports, grandes administrations, services tertiaires mais aussi les particuliers.

L’atelier de design a déjà parmi ses clients le ministère des Finances, pour une passerelle traitant des quatre saisons, des banques dont le Crédit Agricole « qui nous a passé pour les bureaux d’une de ses tours parisiennes, une énorme commande qui va nous faire travailler trois ans », le service gestion des flottes de la SNCF, LVMH, Air France, Sisley, la société Talend, Bouygues Construction, Vinci, EDF, Orange, et Patriarcat à Lyon.

L’avenir à Blagny

D’ici le début de l’année 2022, « L’Atelier de La Démesure » prendra ses quartiers à Blagny dans les anciens locaux d’Amphénol dont la SAS s’est rendue propriétaire auprès de la Communauté de communes des Portes du Luxembourg. Une évolution rendue nécessaire par l’abondance de travail et l’obligation d’installer une nouvelle machine Colaris qui fabriquera six fois plus vite dans des locaux modernes et plus grands (1 500 m2 dont 500 de bureaux). « On reste ainsi dans les Ardennes, à un endroit où on entamera dès octobre des travaux de déménagement. On va tout y repenser en ayant en tête de faire venir notre clientèle pour la découverte de notre activité. »

Pour se libérer du stress, Julie Beauperin a commencé à suivre l’exemple de son père, Christian, un adepte du bitume sous les couleurs du club mouzonnais. Elle s’est lancée à son tour il y a quelques années dans les courses pédestres. « J’aime les challenges et je me suis prise au jeu ». Au point de couvrir le Sedan-Charleville et le Marathon de Paris.

Pascal Remy