La cueillette locale, alternative à la hausse des prix
Agriculture. Selon les dernières données de l’Insee, les prix des produits frais ont progressé de 5,9 % en un an, avec une envolée de 22 % pour les légumes, conséquence notamment de la sécheresse, qui a fortement affecté la production.
Les légumes « à feuilles », comme les salades et les endives, ont ainsi vu leur prix augmenter de 21,3 %, tandis que celui des légumes frais à fruits, à l’instar des tomates et des courgettes, s’est apprécié de 22,3 %. À l’inverse, la hausse des prix des agrumes frais tend à ralentir (+ 0,6 %, après + 3,6 %), tout comme celle des « autres fruits frais », parmi lesquels les melons et les pastèques (+ 3,1 %, après + 6,1 %).
Une année mitigée selon les productions
Face à cette progression des prix, nous nous sommes interrogés sur les éventuelles alternatives adoptées par les consommateurs dans leurs habitudes d’achat, notamment leur recours accru aux producteurs locaux, à l’image de la Cueillette de Muizon. Une option qui peut notamment s’avérer intéressante sur le plan du prix : au kilo, celui des légumes vendus directement à la cueillette ne comprend en effet que les coûts de production, la main-d’oeuvre, le conditionnement et le transport étant, pour partie, assurés par le particulier lui-même. Une différence de prix que l’on retrouve d’ailleurs entre la cueillette et le magasin de la ferme, situé à quelques mètres seulement : les tarifs n’y sont pas identiques, puisque la vente en magasin intègre notamment le coût de la main-d’oeuvre.
Début septembre, par exemple, les tomates étaient proposées à 3,90 euros le kilo à cueillir, contre 4,50 euros au magasin. Des tarifs qui demeuraient, dans tous les cas, inférieurs à ceux pratiqués dans la grande distribution, où les tomates avoisinaient en moyenne les 5,50 euros le kilo. « Sur la cinquantaine de variétés de fruits et de légumes, nous avons quatre produits phares : les tomates, les pommes, les fraises et maintenant, les courges », indique Thibault Deville, qui a repris l’exploitation en 2020, avec sa femme Émilie, à la tête pour sa part de « Esprit Terroir », le magasin de la Cueillette. « Cette année, les conditions météorologiques ont été particulièrement favorables aux fraises. Le temps sec a permis d’éviter certaines maladies et aucun traitement n’a été nécessaire », poursuit-il.
Une météo en revanche défavorable aux tomates sous serre : « Les fortes chaleurs ont perturbé la pollinisation : le pollen manque d’humidité lorsque les températures sont trop élevées, ce qui empêche certaines fleurs de se transformer en tomates. Les rendements ont ainsi été au moins deux fois inférieurs à ceux d’une année normale », souligne Thibault Deville qui précise pourtant : « On a pris sur nous cette année et on n’a pas du tout augmenté les prix. » Une politique assumée afin de conserver le caractère familial de la cueillette et aussi rendue possible avec la production des variétés de pleine terre. « C’est une fierté cette année de pouvoir proposer des superbes tomates pas chères », appuie-t-il.
Une fierté qui se retrouve dans la fréquentation, favorisée également par la très belle météo. « Les gens viennent chez nous aussi pour l’expérience, se promener, profiter des vergers, et repartir avec des produits locaux, produits en circuit-court. » Un plaisir qu’il est possible d’apprécier jusqu’à la mi-novembre avant la fermeture pour quatre mois environ. Le magasin reste lui ouvert, avec notamment une forte fréquentation au moment des fêtes de fin d’année.