Hommes et chiffres

Dans l’Aube, la protection de l’enfance comme priorité

Jeunesse. Enfance en danger, addiction, prostitution des mineurs, « l’observatoire départemental de la protection de l’enfance (ODPE) est un outil qui était en sommeil et que nous souhaitons, avec le préfet, remettre en place pour définir une feuille de route »

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Photo de observatoire départemental de protection de l'enfance au Conseil départemental
Ouverture de l’observatoire départemental de protection de l’enfance au Conseil départemental face à une cinquantaine d’acteurs. (Crédits : MBP)

Enfance en danger, addiction, prostitution des mineurs, « l’observatoire départemental de la protection de l’enfance (ODPE) est un outil qui était en sommeil et que nous souhaitons, avec le préfet, remettre en place pour définir une feuille de route », explique Philippe Dallemagne, président du Conseil départemental. Dans l’Aube, 1 200 enfants seraient concernés. « Les actions mises en oeuvre doivent permettre d’agir plus tôt, de protéger mieux, de stabiliser le parcours de l’enfant, de l’accompagner pour lui donner des perspectives et réussir son insertion. » Insistant sur l’exigence d’une mission essentielle, le président a ouvert la conférence stratégique qui réunissait une cinquantaine de professionnels. Mis en place par le Département depuis 2010 pour se consacrer au schéma enfance/famille, l’ODPE élargit désormais son périmètre. « Nous rencontrons de nouveaux phénomènes et nous devons mettre les bons outils en place. Quand bien même le Département est chef de file, il a besoin de travailler avec la protection judiciaire de la jeunesse, avec un ensemble d’acteurs de la santé, de l’éducation, avec des associations pour répondre à cette problématique. » Évoquant des familles confrontées à la précarité, des jeunes en perte de repères, vulnérables, avec des problématiques de santé mentale, de déscolarisation, de handicap... La protection de l’enfance repose ainsi sur un ensemble de compétences et l’ODPE, placé sous la compétence du conseil départemental, doit être un outil collectif.

ODPE au coeur des réalités

Pour Pascal Courtade, le préfet de l’Aube, « la protection de l’enfance est en situation d’échec depuis des années. L’État, quand c’était sa compétence, avant les lois de décentralisation, était lui-même déjà en échec et il se gardera bien de donner des leçons à qui que ce soit. » L’observatoire doit donc devenir un parlement, une instance de réflexion pour faire face à un bilan compliqué avec 13 % d’enfants confiés en plus en cinq ans dans l’Aube. « Cela dit quelque chose de la difficulté de la situation à laquelle nous faisons face. » Ainsi, l’ODPE doit permettre de centraliser et d’analyser des données relatives à l’enfance en danger dans le département pour mieux les appréhender. Il doit être informé de toute évaluation des services et des établissements qui interviennent dans le domaine de la protection de l’enfance. L’ODPE peut formuler des propositions et avis pour la mise en oeuvre de la politique de protection de l’enfance dans le département. Il réalisera un bilan annuel des formations continues délivrées dans le département et élaborera un programme pluriannuel des besoins en formation de tous les professionnels agissant pour l’enfance en danger. L’ODPE se veut une instance locale et multipartenariale de réflexion et d’aide à la décision. Avec une meilleure connaissance des situations et des besoins de la population accompagnée, l’ODPE pourra évaluer l’impact des actions du schéma départemental Enfance Famille et adapter l’offre de prévention et de prise en charge. Le tout en plaçant l’enfant au coeur de la réflexion. Parce que « l’enfance s’appelle avenir », a rappelé Pascal Courtade, en citant Victor Hugo.