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129e année

Big Bird, le dirigeable troyen prend son envol

Innovation. Imaginé par deux étudiants-entrepreneurs de l’UTT, il utilise l’hydrogène pour des missions aériennes de collecte de données et d’inspection.

Théo Hoenen et Justin Fourrel avec une première version de leur ballon dirigeable qui atteindra en fait 9 mètres de long.

Comment faire pour faire voler un engin propre et doté d’une grande autonomie ? C’est en apportant une solution à cette question que deux étudiants de l’Université de Technologie de Troyes ont créé leur société Big Bird. Théo Hoenen, étudiant en informatique et Justin Fourrel, inscrit en génie mécanique, forts de leurs compétences complémentaires et de l’écosystème mis en place à l’UTT pour aider les étudiants-entrepreneurs avec le Mind Tech, se sont lancés dans l’aventure l’année dernière.

« Pour la surveillance de son réseau électrique, le groupe Enedis nous a confirmé qu’il était prêt à travailler avec nous »

Assez vite, l’idée du ballon dirigeable s’est dégagée ainsi que quelques applications autour de l’inspection de réseaux et d’ouvrages, la cartographie ou encore l’agriculture pour le recueil de données. « C’est à partir de là que nous avons conçu un ballon dirigeable, alimenté en énergie électrique par une pile à combustible et qui se pilote comme un drone grâce à des hélices », précise Justin Fourrel. Harfang, c’est le nom donné à ce dirigeable collecteur de données, est capable de voler pendant 15 heures de suite à une vitesse pouvant atteindre 50 km/h. Selon les conditions de vent et de vitesse, son autonomie peut être encore plus importante.

« L’autre avantage est que ce ballon dirigeable de 9 mètres de long peut emporter avec lui une charge utile de 10 kg ». « Cela permet d’installer des capteurs divers et variés, adaptés aux missions qui lui sont confiées », ajoute Théo Hoenen. Les deux jeunes entrepreneurs ont interrogé des utilisateurs potentiels et obtenu des retours très favorables. « Pour la surveillance de son réseau électrique, le groupe Enedis nous a confirmé qu’il était prêt à travailler avec nous », fait remarquer Théo. Le ballon à hydrogène peut en effet remplacer très avantageusement l’hélicoptère pour ce type de mission avec un coût au kilomètre trois fois inférieur.

Une levée de fonds pour un concept innovant

Du point de vue environnemental, l’avantage est très nettement en faveur de Harfang qui n’émet que de la vapeur d’eau alors que l’hélicoptère brûle de l’énergie fossile. Enfin, le ballon dirigeable possède une autonomie bien plus importante que le drone. Leur concept validé par des enseignants-chercheurs de l’UTT, les deux étudiants-entrepreneurs ont ensuite monté leur structure, la Sas Big Bird, dont le siège est à Troyes. Dans leurs démarches, ils ont été accompagnés par le YEC, l’incubateur étudiant-entrepreneur de la Technopole de l’Aube ainsi que par un autre incubateur, The Family. Une levée de fonds a été lancée avec l’objectif de recueillir entre 250 000 et 500 000 euros.

« Cela va nous permettre d’améliorer encore le prototype et d’effectuer les premiers vols d’essai dès cet été pour de futurs clients », ajoutent les fondateurs de Big Bird qui poursuivent leurs études avec la ferme intention de travailler ensuite dans leur propre entreprise une fois leur diplôme d’ingénieur en poche. La jeune entreprise continue de chercher des partenaires (contact theo@bigbird.tech) mais aussi de futurs utilisateurs qui verraient un intérêt à collecter des données par voie aérienne.

Laurent Locurcio