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129e année

Action !

Jean-François Rondelli. Eternel optimiste, le chef d’entreprise rémois ne cesse de bondir et de rebondir d’un projet à l’autre. Aujourd’hui, après des vicissitudes qui n’ont pas altéré son dynamisme, c’est avec son épouse qu’il rachète une entreprise. Banal ? Non ! C’est la suite logique d’une belle histoire d’amour, d’une belle histoire de vie…

Jean-François Rondelli, entrepreneur dans l’âme. DR

S’il est né à Reims, jusqu’à ses 18 ans Jean François Rondelli n’aura fréquenté la Cité des Sacres qu’à l’occasion des vacances. A la suite de ses parents, il a vécu son enfance et son adolescence en Martinique, au Gabon, en Arabie Saoudite, en Egypte, en Jordanie. Ce n’est donc qu’à sa majorité qu’il se retrouve pensionnaire au Sacré-Chœur - ses parents étant encore à l’étranger. Ces années d’itinérance ont forgé l’homme en devenir : « Cela m’a enseigné l’adaptabilité et la capacité à reconstruire - voire à se reconstruire - régulièrement dans un nouvel environnement, la tolérance aussi, dans des pays où l’on ne vivait pas comme nous, et, naturellement, une grande ouverture d’esprit. »

« Je n’avais pas forcément le goût des études et voulais être dans l’action rapidement. »

A 18 ans, quand d’autres quittent enfin leur province, lui y revient pour passer le Bac et faire un BTS Action Commerciale à Epernay. « Je n’avais pas forcément le goût des études et voulais être dans l’action rapidement. » Déjà. Exemple : en BTS, il préside la Junior Entreprise et organise un voyage de 15 jours au Canada pour 52 personnes. « Certains de mes camarades n’avaient jamais pris l’avion ! » Avant même d’avoir son diplôme (mais il l’aura, évidemment) il est engagé au Réveil de la Marne. « J’ai commencé comme commercial et fini comme responsable de production. J’y suis resté 5 ans. Cela a été mon seul emploi salarié. »

De Concepto Studio à Kit-Bag

En 1994, avec un collègue, il fonde Concepto Studio, une agence de communication. « Il était le créatif, j’avais la compétence commerciale et marketing. Quand on sait vendre, on peut tout faire. » Pour se constituer un « réseau » qui n’était pas encore « social » quoique déjà bien ancré dans la société, il rejoint la Jeune Chambre Economique d’Epernay, qu’il présidera en 1999. En 1999 encore, il fonde Pixicom, pour accompagner l’émergence du numérique.

En 2010, il annonce tout de go à son épouse, Véronique, son envie d’aller voir ailleurs, revend ses entreprises et cherche ce qu’il pourrait faire. « Je n’avais pas de plan B. » Il croise bientôt la route de l’entreprise Kit-Bag, à Reims, spécialisée dans les conteneurs souples, les « big-bag », ou GRVS (grand récipient vrac souple), pouvant supporter de 500 à 2 000 kg, et la rachète en 2011. « J’ai tout de suite vu ce qu’il fallait faire pour la développer. » Aujourd’hui, Kit-Bag compte 7 salariés et l’exercice en cours devrait se conclure sur un chiffre d’affaires d’environ 2 M€.

Dans la vie de la cité

Mais Jean-François Rondelli ne saurait concevoir l’action sans en éprouver le caractère politique dans son acception première, relatif à la vie de la cité, sans ambition politicienne. Installé à Aÿ en 2004, le voilà conseiller municipal de la commune en 2008, puis adjoint au maire en 2010. Il va au bout de ses convictions en conduisant une liste aux dernières élections municipales de 2020, où il essuie une courte défaite et redevient « simple » conseiller municipal.

Entre temps, il aura fondé en 2017 Azimut(agence de communication globale à 360°), histoire de revisiter brièvement ses premières amours, siègera au conseil d’administration du Centre culturel numérique Saint-Exupéry de Reims pendant une dizaine d’années, est toujours administrateur du Crédit Agricole Nord-Est et, à ce titre, vice-président de l’agence Reims Urbain, en charge de la Fondation de la banque. On souffle ?

Vive le don d’organe

On souffle, mais pas longtemps. Depuis 2011, l’état de santé de Jean-François Rondelli se dégrade lentement. La faute à une insuffisance rénale sévère pour laquelle il est inscrit en liste d’attente d’une greffe du rein en 2015. Il continue à vivre dans l’action mais, les choses s’aggravant, son épouse lui propose en 2016 de lui donner un de ses reins. La greffe a lieu le 5 octobre 2017 au CHU de Reims. « Nous avons toujours fonctionné en symbiose, et nous savions que nous étions compatibles - nos enfants en sont la meilleure preuve - à tous les sens du terme. En 1998, Véronique m’a donné son cœur pour la vie ; en 2017, elle m’a donné un rein pour vivre. »

Inutile d’insister davantage sur tout l’amour que cela représente, France 2 y a consacré un reportage… Témoins et partisans convaincus du don d’organe, Jean-François et Véronique Rondelli ne manquent jamais l’occasion d’en dire la nécessité. L’an prochain, ils souhaitent organiser une manifestation pour en faire justement la promotion et récolter des fonds à cet effet.

Un projet de couple

Avec le rein de Véronique, Jean-François retrouve vite son rythme naturel. Il lui faut bien ça pour épauler à son tour son épouse, tenue de mettre fin à son activité de sage-femme. Période amère quand bien même Véronique, agéenne d’origine, s’engage aussi dans l’action publique en devenant, en juin dernier, conseillère départementale pour le canton d’Epernay 1 en binôme avec Jonathan Rodrigues. Jean-François Rondelli cherche cependant une façon commune de rebondir. Et la trouve, bien sûr ! Ce sera l’acquisition, finalisée à la fin du mois, d’une entreprise rémoise qu’ils piloteront conjointement. Un projet dont, par la force des choses, on ne dévoilera rien de plus ici et maintenant. Mais un beau projet de couple toujours dans l’action.

Jacques Rivière