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129e année

Un projet de construction d’un tunnel sous-marin entre la Finlande et l’Estonie

Aménagement. La Finlande et l’Estonie relancent leur coopération sur leur projet commun de construction d’un tunnel ferroviaire de 100 kilomètres de long sous la mer Baltique. Ce nouveau tunnel de tous les records relierait Tallin, la capitale de l’Estonie à Helsinki, la capitale de la Finlande, en passant sous le golfe de Finlande. Les deux capitales sont séparées par un bras de mer qui fait 80 kilomètres de large et que l’on traverse aujourd’hui en une heure et demi de ferry.

Un projet estimé à 20 milliards d’euros.

Les deux pays appartiennent à l’Union européenne et ils font même partie de la zone euro alors que la seule liaison terrestre qui les relie passe aujourd’hui par la Russie et Saint-Pétersbourg, soit un détour de 7500 kilomètres, en plus des problèmes de douanes et de la Russie qui peut fermer sa frontière à tout moment.

Pour la Finlande, l’intérêt de ce tunnel est économique car il permettrait de relier le pays à toute l’Europe centrale et au réseau ferré européen à grande vitesse. Pour l’Estonie et les autres pays baltes, il est aussi politique, car c’est un moyen de diminuer la dépendance vis-à-vis de la Russie en étant relié à l’Union européenne par le Nord, via la Finlande.

Un projet titanesque

Les premières discussions du projet datent de 2008 et la première étude de faisabilité rendue publique de 2015, mais le projet avance car les deux villes, initiatrices du projet sont aujourd’hui rejointes par les gouvernements. Le 26 avril dernier, la Finlande et l’Estonie ont signé un protocole d’accord sur les transports qui leur permettra de recevoir des financements européens. Cette aide s’avèrera utile pour ce projet titanesque de tunnel qui sera deux fois plus long que le tunnel sous la Manche et nécessitera un budget évalué à 20 milliards d’euros.

L’aspect économique demeure essentiel car ce nouveau tunnel permettrait de désenclaver la Finlande, pays de cinq millions d’habitants et terminus de la ligne car plus au nord il n’y a que l’Océan Arctique. Les plus optimistes parient sur une ouverture de la nouvelle liaison dès décembre 2024, mais on sait maintenant qu’il faudra surement attendre quelques années de plus.

Rédaction PAMB