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130e année

L’Europe veut lutter contre la déforestation

Écologie. La Commission européenne a publié une proposition de loi pour lutter contre la déforestation importée.

RIA SOPALA - PIXABAY

Entre 2005 et 2017, le soja, l’huile de palme et le boeuf ont été les produits de base responsables de la plus grande déforestation importée dans l’Union européenne, suivis des produits du bois, du cacao et du café. La proposition de la Commission européenne s’attaque à l’importation de ces six produits en visant davantage de traçabilité, de transparence et un renforcement des obligations de responsabilité des entreprises. Cette proposition arrive au moment où la déforestation s’accélère en Amazonie brésilienne, avec une augmentation de 22% en un an. Or, l’UE est le deuxième plus gros responsable de la déforestation importée, derrière la Chine, selon le WWF.

Elle est ainsi responsable de 16% de la déforestation tropicale liée au commerce international. Cette loi s’inscrit dans une tendance internationale de lutte contre la déforestation. À la COP 26, plus de cent pays abritant 85 % des forêts mondiales se sont engagés à enrayer la déforestation d’ici 2030. Le texte propose plusieurs avancées majeures. La proposition de loi prend notamment en compte une définition large de la déforestation. Les commodités et produits concernés mis sur le marché devront être exempts de déforestation, même si elle est légale dans le pays de production. Les entreprises devront en plus avoir une exigence de traçabilité jusqu’à la parcelle grâce à un devoir de vigilance incluant la géolocalisation des parcelles où les commodités ont été produites et un système de traçabilité rigoureux.

Des lacunes à corriger

La Commission européenne demande la mise en place d’un système de devoir de vigilance obligatoire par les entreprises. Concrètement, les entreprises soumises à la loi devront vérifier, avant de mettre un produit sur le marché, qu’il n’est pas issu d’une terre qui a été déforestée et dans le cas contraire, renoncer à le commercialiser. Le WWF, l’association Canopée et Envol Vert saluent ces avancées mais estiment que le périmètre de la proposition de loi reste trop réduit. La loi ne se réfère explicitement qu’aux forêts. Elles appellent à étendre le périmètre aux écosystèmes comme les savanes, prairies et tourbières, eux aussi menacés par l’expansion agricole entrainée par nos importations.

De même la proposition de loi laisse de côté la question essentielle des droits humains. La proposition actuelle se limite à six commodités. Le WWF voudrait inclure en plus le caoutchouc, le maïs, le sucre et le poulet. L’association Envol Vert pointe également l’absence de l’Hévéa qui détruit les forêts tropicales pour la production du caoutchouc et « la viande transformée ». Les associations invitent le Conseil et le Parlement à corriger ces lacunes.

Rédaction JdP