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129e année

L’envolée des prix de l’assurance

Environnement. Le coût des sinistres liés aux catastrophes naturelles flambe.

Alors que le rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a tiré la sonnette d’alarme il y a quelques semaines sur l’accélération du réchauffement climatique (excédant les + 1,5 % dès 2030), ses effets sont déjà visibles. En témoigne la série exceptionnelle de catastrophes naturelles depuis le début de l’année, qui a coûté la vie de 4500 personnes dans le monde. La recrudescence des catastrophes naturelles sous l’effet du changement climatique va significativement accroître la charge pour l’assurance et les assurés. Pour faire face à la sinistralité climatique d’ici à 2050, les assureurs prévoient majoritairement d’augmenter les primes. Supérieure à la croissance du PIB, cette hausse risque de poser un problème social majeur pour les assurés.

Dans un stress test climatique, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le régulateur du secteur de l’assurance, prévient que le coût des sinistres liés aux « catastrophes naturelles » pourrait être multiplié par cinq d’ici à 30 ans. Une dérive qui pose la question de la soutenabilité des prix de l’assurance par les assurés et, par conséquent, de la frontière de ce qui pourra être assuré ou non assuré à l’avenir. Le régulateur souligne que la France est relativement épargnée par les scénarios du Giec. La série exceptionnelle de catastrophes naturelles qui frappent l’Europe depuis cet été devraient mettre un terme au cycle baissier sur le marché de la réassurance.

Les catastrophes naturelles en cause

Le réassureur Munich Re, deuxième réassureur mondial, entrevoit des hausses de tarifs après les inondations de cet été en Allemagne. Avec la sécheresse et les incendies, l’Europe pourrait connaître une des pires années concernant les dommages assurés. Après une série d’orage de grêle et de tornades au printemps, qui ont généré 4,5 M$ de pertes assurées selon le dernier bilan du Swiss Re Institute, l’Allemagne et la Belgique ont connu de sévères inondations qui ont entraîné des pertes assurées comprises entre 4,5 et 5,5 M€, selon les dernières estimations de l’association des assureurs allemands. En cas de sinistre de pointe, les réassureurs feront, comme à l’accoutumée leur rôle d’absorbeur de choc.

Munich Re estime ainsi l’impact de ces inondations sur ses comptes à 500 M€ au moins. Et cela, sans compter l’impact des feux de forêt qui dévaste la Grèce, la Turquie et l’Italie depuis la fin du mois de juillet. Selon des estimations arrêtées au 10 août, les catastrophes naturelles en Europe pourraient coûter 15 Mds$ au marché de l’assurance.

À cette menace grandissante que constitue le réchauffement climatique qui se traduit par une recrudescence des catastrophes naturelles, il convient d’ajouter l’incertitude sur la sinistralité de la Covid. Bien qu’ayant imposé des clauses d’exclusion plus ou moins générales dans leurs traités lors des derniers renouvellements, les réassureurs sont, de plus, toujours aux prises avec la pandémie de la Covid-19 en raison des contrats pluriannuels en place.

Rédaction GdM