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130e année

Bientôt une agence européenne des drogues ?

Santé. La Commission européenne a proposé de renforcer le mandat de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, en le transformant en une Agence des drogues de l’Union européenne.

Starline

Appelée à travailler étroitement avec l’Agence européenne des médicaments (EMA) ainsi qu’avec l’Agence européenne de police criminelle Europol, la future Agence des drogues serait capable d’émettre des alertes lorsque des substances dangereuses sont sciemment vendues à des fins illicites, de surveiller la polyconsommation et notamment la consommation de substances addictives légales en même temps que de drogues illicites, ou encore d’élaborer des campagnes de prévention au niveau européen. Les volumes de cocaïne et d’héroïne introduits dans l’Union européenne n’ont jamais été aussi élevées, comme en a encore témoigné, la semaine dernière, la saisie au port d’Anvers de près de quatre tonnes de cocaïne cachées dans une cargaison de riz.

Un trafic en hausse constante

Au total 90 tonnes de cocaïne ont été saisies en 2021 au port d’Anvers, soit 34 % de plus que l’année précédente. Le trafic est en hausse constante d’année en année, 160 tonnes supplémentaires ont été saisies dans les ports des pays de production, prêtes à être expédiées vers Anvers. L’Europe est aussi un territoire de production de drogues, en particulier de drogues de synthèse (amphétamines et ecstasy), tant pour la consommation intérieure que pour l’exportation. Le marché de la drogue, dont la valeur au détail est estimée au moins à 30 milliards d’euros par an, reste le plus grand marché criminel de l’Union européenne et une source majeure de revenus pour la criminalité organisée.

Actuellement, l’observatoire européen des drogues et des toxicomanies basé à Lisbonne au Portugal, fournit des données et des analyses scientifiques indépendantes pour soutenir l’élaboration de politiques de lutte anti-drogue au niveau de l’Union européenne. Le budget pluriannuel de l’Union européenne lui réserve 123 millions d’euros jusqu’en 2027. Sa transformation en une Agence européenne des drogues nécessiterait de 51 à 68 millions d’euros supplémentaires et une quarantaine d’employés pour renforcer les 11 actuels. Les États membres et le Parlement européen doivent encore se prononcer sur la proposition de la Commission.

Rédaction JdP