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VNF investit 6 M€ pour moderniser les écluses autour de Saint-Quentin

Aménagement. Voies navigables de France engage 6 millions d’euros pour piloter depuis Reims 64 écluses et 6 ponts mobiles des canaux de Saint-Quentin, de la Sambre à l’Oise, de l’Oise à l’Aisne et latéral à l’Oise. Les travaux démarreront en 2027.

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Écluse sur le canal de l’Oise à l’Aisne, près de Chavignon (Crédit : © Pline – via Wikimedia Commons)

Quand une écluse se bloque aujourd’hui sur un défaut mineur, un agent doit prendre la route pour la remettre en service. Il lui faut en moyenne 45 minutes pour arriver sur place, et jusqu’à deux heures sur certains secteurs. Voies navigables de France (VNF) veut supprimer une partie de ces déplacements.

« Le réarmement à distance permettra de traiter directement depuis le PCC une partie des défauts qui nécessitent aujourd’hui le déplacement d’un agent », expliquent les équipes de VNF. La consultation des entreprises pour les travaux de pose s’est close le 30 septembre, sur un marché estimé à 2,65 millions d’euros.

Mais l’enveloppe totale est plus large. En ajoutant les caméras, interphones, automates et armoires électriques fournis par VNF, le déploiement de la fibre optique et le raccordement au futur poste de commande, l’opération atteint environ 6 millions d’euros. « L’ensemble de l’opération est financé à 100 % par VNF », précise l’établissement public.

Le marché devrait être attribué fin 2026 ou début 2027. Les travaux préparatoires occuperont le premier semestre 2027, puis le chantier avancera canal par canal. Les 9 écluses du canal de l’Oise à l’Aisne ouvriront la marche, suivies des 2 écluses du canal latéral à l’Oise et des 18 du canal de Saint-Quentin. Le canal de la Sambre à l’Oise, avec ses 35 écluses et 6 ponts mobiles, fermera la série. Le marché court sur quatre ans, et VNF prévient que « le calendrier précis des travaux dépendra notamment de la livraison des équipements ».

Ces ouvrages seront à terme supervisés depuis le poste de conduite centralisé (PCC) de Reims, attendu début 2029. Il reprendra progressivement le rôle du poste provisoire installé à Saint-Quentin et pilotera environ 600 kilomètres de voies d’eau dans l’Aisne, les Ardennes, la Marne et la Seine-et-Marne, soit près de 150 écluses, 7 ponts mobiles, 5 tunnels et une centaine d’ouvrages hydrauliques. « Sa mise en service ne signifiera toutefois pas que l’ensemble des écluses sera déjà raccordé », nuance VNF : certaines le seront au fil du chantier.

Un enjeu d’abord opérationnel

En 2025, le secteur Nord a enregistré plusieurs centaines d’interventions, liées à des défauts techniques, des pannes de communication, l’usure du matériel ou des embâcles et de la végétation. Une partie exigera toujours la présence d’un agent. VNF reste prudente sur le bénéfice attendu. « Les gains dépendront du nombre de défauts, bloquants ou non, pouvant effectivement être réarmés sans intervention sur site, un chiffre qui reste à consolider sur le secteur Nord. »

Pour les bateliers et les plaisanciers, le changement se mesurera en minutes d’attente devant une porte fermée. « Demain, lorsqu’un défaut pourra être réarmé à distance, l’opérateur pourra intervenir directement depuis le PCC, sans déplacement sur site », résume VNF. Le trafic reste modeste sur ces canaux à petit gabarit, entre 2 et 8 bateaux par jour selon les sections et la saison, mais chaque immobilisation pèse lourd sur un convoi de fret.

Côté emploi, 52 agents exploitent aujourd’hui les quatre canaux, hors équipes de maintenance. Leurs missions vont se répartir entre deux métiers, celui d’opérateur chargé de superviser les ouvrages depuis Reims et celui d’agent de maintenance, davantage tourné vers l’entretien des ouvrages et des berges. La gestion des niveaux d’eau, assurée en partie par les éclusiers, sera automatisée.

« Cette transformation se fera progressivement », assure VNF, qui ajoute que « d’ici fin 2028, les effectifs présents sur le terrain ne devraient pas évoluer significativement ». La répartition future entre Saint-Quentin et Reims n’est pas encore arrêtée.