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Virginie Rodrigues, une cheffe d’entreprise pleinement investie

Distinction. La dirigeante de FTV, Virginie Rodrigues, également conseillère régionale Grand Est, est nommée Chevalier dans l’Ordre national du Mérite.

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Photo de Virginie Rodrigues de Oliveira
Virginie Rodrigues de Oliveira (Crédits : DR)

Patronne de FTV, Virginie Rodrigues de Oliveira, 46 ans, sera épinglée au grade de Chevalier dans l’Ordre national du Mérite par Jacques Jeanteur. Plus jeune, elle voulait être vétérinaire mais en 2001, la titulaire d’un BTS d’analyses biologiques et biotechnologiques finit par intégrer, en à la demande de son père Carlos, l’entreprise familiale, Fixation Technique de Vireux, comme responsable qualité.

« Le deal convenu avec mon père, était de me former sur le tas et de mettre en place la certification qualité ISO 9001. Ne voulant pas être considérée comme une fille à papa, j’ai finalement touché à tout avec l’envie de faire avancer les choses. Mais suite au dépôt de bilan de son principal client, FTV s’est retrouvée en 2003 dans une situation critique au point d’être mise en redressement judiciaire. Je me suis alors retrouvée aux manettes en aidant mon père à traverser cette période délicate. Mon histoire professionnelle a commencé comme ça. Ce fut violent car il a fallu licencier douze personnes ».

Pour soulager les finances de l’entreprise, Virginie Rodrigues se contente alors d’un mi-temps à FTV et devient, en parallèle, grâce à l’appui du Centre des Jeunes Dirigeants, conseillère professionnelle en entreprise où elle assure des prestations à Ardenca et Arden Plast à Mouzon, pour d’autres PME et pour les services sociaux de la Croix-Rouge Française.

Repreneuse de l’affaire familiale en 2016

Elle tient aussi à bout de bras la PME de la Pointe à côté de son père et obtient la validation d’un plan de continuation. « Dans ses attendus, le tribunal de commerce de Sedan avait souhaité que j’entre à l’actionnariat de FTV à hauteur de 24 %, ce qui constituait une belle preuve de confiance et une récompense à mon implication ». Désireuse de voler de ses propres ailes, l’autodidacte enclenche en 2007 « un nouveau chapitre de (sa) vie en devenant gérante de la société VR Consulting au service de plusieurs entreprises ». Ce qui lui permet de renforcer sa connaissance du milieu industriel. Puis, en 2015, son père lui demande de racheter FTV et d’en assurer la direction. « Après avoir un moment été sceptique, j’ai accepté tout en lui demandant de valoriser encore FTV avant d’établir mon business plan pour rendre l’entreprise viable ». Le 8 janvier 2016, Virginie Rodrigues devient donc dirigeante et actionnaire en reprenant 85 % du capital de la PME.

« Je suis arrivée avec mon seul bagage de consultante qualité et j’ai donc multiplié les formations pour être à la hauteur et démontrer mes capacités. Après avoir fait ses premiers pas dans l’aéronautique, FTV s’est ouvert à l’armement, au ferroviaire, au bâtiment, à la connectique électrique et à l’énergie. Tout en se spécialisant dans les produits de niche ».

Dix ans après son arrivée aux commandes, la pépite viroquoise portée par l’engagement sans faille de sa dirigeante, totalement investie dans la transformation de son entreprise, est passée de huit salariés et 1,4 million de chiffre d’affaires à une vingtaine d’employés et un CA de 2,5 millions d’euros.

FTV est devenue incontournable en matière de fixation technique offrant une expérience unique de production de vis, axes, bagues et contacts électriques haut de gamme destinés à la sécurité des biens et des personnes. Elle répond à des cahiers des charges pointus. « On n’a pas le droit à l’erreur, nos vis doivent être parfaites, car elles sont utilisées dans des assemblages à haut risque », résume Virginie Rodrigues qui ne veut surtout plus dépendre d’un seul client.

Elle entend à l’avenir « développer de plus en plus la partie commerciale et ne pas s’emballer car on doit gérer l’entreprise dans un monde d’incertitudes ».

Celle qui dit s’« accomplir dans les défis » occupe depuis 2021 un poste de conseillère régionale Grand Est lié au développement économique et à l’enseignement supérieur. « La politique est un monde à part qui me nourrit intellectuellement. Je me suis rendue compte du pouvoir que ce rôle pouvait avoir. C’est pourquoi, je ne suis pas simplement auditrice dans les débats. »