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URCA : tenir le cap de l’excellence malgré la contrainte budgétaire

Éducation. C’est de nouveau dans un contexte de restriction budgétaire que l’URCA a effectué sa rentrée 2026. Une rigueur qui n’empêche pas l’établissement de poursuivre sa stratégie de renforcement d’identité scientifique et académique ainsi que la volonté de développer sa compétitivité et son rayonnement à l’échelle internationale.

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Photo de Christophe Clément et ses équipes
Christophe Clément et ses équipes ont présenté les ambitions de l’année universitaire 2026/2027. (Crédits : ND)

Christophe Clément, le président de l’Université de Reims Champagne Ardenne (URCA), s’il maintient le cap de sa gouvernance et sa stratégie pour l’établissement universitaire, est néanmoins de plus en plus confronté à un exercice de funambule, tant les contraintes budgétaires et les réorganisations imposées de gestion viennent complexifier sa tâche initiale : celle de dispenser un savoir formateur aux 28 974 étudiants, tant en termes de compétences que de recherche.

Une mission qui relève de l’équilibrisme donc, mais qui, au prix de nombreux efforts effectués par les différents services de l’université et de ses équipes a payé durant l’année précédente. Ainsi, malgré les 9 millions d’euros d’économies réalisés par l’URCA (sur un budget global de 257 millions d’euros) – grâce à « l’optimisation » des formations, la « rationalisation de certaines dépenses soit une réduction de 20 % des dépenses de fonctionnement » et la « gestion rigoureuse de la masse salariale avec une campagne blanche, gelant le recrutement de nouveaux titulaires (soit 6,7 M€ d’économie sur les 9 M€) » – le taux d’insertion atteint près de 94 % après 18 mois, soit cinq points de plus que la moyenne nationale pour les étudiants en licences professionnelles.

Parmi ces diplômés, 80 % occupent un emploi stable avec un délai moyen pour décrocher un premier emploi de trois mois. Même constat pour les masters, avec près de 91 % d’insertion après 18 mois, soit sept points au-dessus de la moyenne nationale. « Ces taux d’insertion nous positionnent parmi les universités françaises affichant les meilleurs résultats dans ce domaine, et ce depuis plusieurs années », se félicite Christophe Clément.

Des taux atteints non seulement grâce à la qualité des enseignements dispensés mais également grâce à toute la politique d’accompagnement déployée par l’URCA pour ses étudiants : lutte contre la précarité étudiante avec cette année, la création d’un Fonds d’urgence de 3 000 €, conventions avec divers organismes sociaux, accès au logement et aux équipements facilités, accompagnement à la santé, aux mobilités et accès privilégié à la culture et au sport.

Ajustement des formations

Un arsenal de dispositifs visant à l’épanouissement des étudiants en favorisant l’égalité des chances pour tous. Une politique sociale soutenue, malgré une situation financière de plus en plus contrainte. « Par rapport au budget initial 2026, nous étions au départ dans une situation où deux des trois critères de soutenabilité étaient respectés. Concernant le taux de pression, limité à 83 %, nous étions à 83,77 %. Au budget rectificatif, nous sommes finalement à 81,87 %. Cela traduit le travail de rigueur réalisé sur la politique de masse salariale. Concernant le fonds de roulement, nous sommes passés de 15,70 à 26,26 jours de fonctionnement. Pour la trésorerie, nous sommes passés de 33,7 à 44,5 jours de fonctionnement. D’un point de vue administratif, la situation est donc correcte puisque nous satisfaisons les trois critères de soutenabilité », souligne ainsi Christophe Clément.

Et si cette rigueur a nécessité une réorganisation de certaines formations, de nouvelles vont néanmoins voir le jour, pour s’adapter aux évolutions sociales et économiques avec la transformation des métiers, notamment par l’usage généralisé de l’Intelligence Artificielle. « L’intelligence artificielle va transformer les métiers. Nous devons être capables d’ouvrir des formations qui n’existent pas aujourd’hui pour répondre à ces nouveaux besoins. Nous avons supprimé des formations en nous appuyant notamment sur les effectifs. Nous avons fixé un seuil plancher, voté par notre conseil d’administration il y a quelques années : 20 étudiants par année pour les licences générales, 15 étudiants par année pour les licences professionnelles et 12 étudiants pour les masters. »

L’IA ne se limitera d’ailleurs pas au contenu des formations mais concernera aussi la Recherche et le fonctionnement de l’administration. Quant aux projets mis en stand by en 2026, en raison des contraintes budgétaires, 2027 n’offre, de la même façon, pas de meilleure visibilité. « Nous avons clairement identifié les secteurs sur lesquels nous devons concentrer les moyens dont nous disposons encore. Mais nous devons rester prudents, car nous risquons d’être en situation de « service voté » (montant minimal de crédits que le gouvernement estime indispensable pour continuer à faire fonctionner les services publics dans les mêmes conditions que l’année précédente, ndlr.) pendant quelques mois en 2027 », exprime pour sa part Damien Jouet, Vice-président délégué aux ressources humaines. « Au regard de ce qui s’est passé les années précédentes, nous pouvons penser que notre niveau de charges continuera d’augmenter. »

Augmentation des charges

Une hypothèse qui s’appuie sur des faits concrets. « Parmi les charges qui pèsent sur notre budget figurent notamment l’augmentation des cotisations de pension et le GVT (glissement vieillissement technicité), qui n’est pas compensé et représente environ 1,4 million d’euros par an. S’ajoutent également les mesures nationales qui, depuis vingt ans, ne sont pas compensées : les différentes mesures liées à l’égalité ou encore, plus récemment, les revalorisations successives du SMIC. »

Une autre source d’interrogation concerne « l’universitarisation » des formations paramédicales. « Nous avons validé l’intégration de l’école de maïeutique dans notre université, ce qui représente environ 1 million d’euros de charges supplémentaires par an et nous sommes actuellement sollicités pour intégrer les IFSI (Institut de formation en soins infirmiers). Pour les sept IFSI de Champagne-Ardenne, cela représenterait au minimum 8 à 9 millions d’euros de charges annuelles supplémentaires », poursuit Damien Jouet.

« Si ces formations passent sous la responsabilité des universités, elles relèveront alors du budget de l’État. Il arrivera donc un moment où nous ne pourrons plus augmenter nos charges sans augmenter parallèlement le soutien financier correspondant », soutient Christophe Clément qui insiste : « l’université ne pourra pas reproduire une campagne blanche chaque année. »

40 projets à l’échelle européenne

Car l’URCA doit aussi faire face à l’augmentation de la menace Cyber et renforcer la sécurité de ses sites et équipements et donc, faire quelques nouveaux investissements. « Aujourd’hui, nous sommes au niveau B. L’objectif est d’atteindre, dans les meilleurs délais, le niveau B+, qui fait partie des niveaux de sécurité les plus élevés dans les universités. Il y a deux dimensions essentielles : la sécurité, pour bloquer ou limiter l’attaque et empêcher autant que possible l’intrusion dans les systèmes, et la sauvegarde des données. »

Elle continue aussi à se projeter dans l’avenir avec la mise en place de quatre pôles thématiques (bioéconomie et environnement / santé / Sciences et ingénierie / Sciences humaines et sociales), dans le prolongement de son projet d’excellence. « Ces pôles sont opérationnels depuis le 1er janvier 2026 et fonctionnent selon le même principe : placer au coeur de leurs activités la recherche d’excellence, sur laquelle nous construisons ensuite notre politique d’innovation, de création de start-up et de développement des formations. »

Quant à la trajectoire engagée sur l’international, elle commence à porter ses fruits. « Sur l’année écoulée, nous avons accompagné plus de 64 projets européens et internationaux pour nos collègues et déposé 40 projets à l’échelle européenne, ce qui constitue une évolution assez conséquente. » Une ambition que l’URCA compte bien conserver, contre vents et marées.