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Une économie Ardennaise en souffrance mais qui résiste

Économie. Le contexte économique général rend les dirigeants locaux plus pessimistes et attentistes dans leurs anticipations.

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Le contexte économique général rend les dirigeants locaux plus pessimistes et attentistes dans leurs anticipations. François Marbaix, Directeur de la succursale ardennaise de la Banque de France, a mis l’accent sur un recul des créations d’entreprises dans les Ardennes (moins 11,5 %). « Dans un environnement sans visibilité, on constate un net recul de l’esprit d’entreprendre. Ce qui touche particulièrement le bâtiment (77 créations en 2024, 50 en 2025), l’industrie (37 et 25) et les services (228 et 216). Seul le commerce (94 puis 95) fait figure d’exception et montre une relative stabilité. Sinon, le dynamisme entrepreneurial s’est fortement contracté ». En 2025, 153 défaillances d’entreprises ont été déplorées sur 12 mois glissants dans les services (38 %), le bâtiment (25 %), les entreprises de commerce (24 %) et l’industrie (12,5 %). Mais les incidents de ce type ont tout de même résisté dans les Ardennes grâce à de nombreuses entités familiales disposant d’un robuste poids capitalistique. Les indicateurs conjoncturels montrent malgré tout que le marché du travail résiste. Après une année 2024 marquée par un ralentissement, l’emploi « continuerait même de progresser mais à un rythme très modéré jusqu’à fin 2026 avant d’afficher un regain plus marqué par la suite ». Côté chômage, le taux a atteint 7,7 % de la population lors du troisième trimestre 2025. Il pourrait remonter légèrement en 2026 mais repartir à la baisse en 2027 (7,6 %) et en 2028 (7,4 %). Conclusion : « Le marché du travail encaisse les chocs, ralentit un peu mais reste globalement solide et devrait progressivement retrouver de l’élan ».

François Marbaix a fait aussi un focus sur le taux d’investissement qui mesure la part de la valeur ajoutée consacrée à financer des investissements d’exploitation. « En 2025, sauf dans le commerce, ce taux qui est un signe de capacité de rebonds des entreprises atteint son niveau le plus bas depuis plusieurs exercices avec un repli global de 3,13 %. Ce frein à l’investissement est causé par le manque de visibilité conjoncturelle, la contraction des trésoreries actives et l’insuffisance de la demande ». Le commerce fait toutefois figure d’exception en affichant une hausse d’environ 2 % sur cet indicateur. Ce qui n’empêche pas une hausse de la vacance commerciale et un plus grand recours des consommateurs à Internet pour les denrées non alimentaires. « Ce qui manque aux chefs d’entreprise, c’est un choc de confiance », considère le directeur ardennais de la Banque de France.

Autre indicateur économique scruté dans ce tour d’horizon économique : le taux de valeur ajoutée. Malgré des évolutions contrastées selon les secteurs, il est en hausse de 6 % dans l’industrie, confirmant un regain de performance dans ce secteur. Concernant le taux de marge brute par exploitation, qui exprime la capacité d’une entreprise à dégager une performance économique durable, les résultats apparaissent plus nuancés. Toutes les branches d’activités et surtout le bâtiment et l’agriculture voient leur trésorerie active se dégrader, ce qui allonge les délais de paiement clients. Se voulant optimiste, François Marbaix croit en la capacité de rebond des entreprises locales « qui vont être capables de dépasser cette crise ».