Une année record sous le signe de l’engagement collectif
Justice. Le Tribunal judiciaire de Charleville-Mézières a tenu son audience de rentrée.
C’est à Marlène Borde, vice-procureure, qu’est revenue la mission d’ouvrir cette cérémonie de rentrée. De ses réquisitions, on retiendra les priorités des politiques pénales. Tout d’abord, la lutte contre la criminalité organisée sous toutes ses formes en renforçant les moyens, en s’attachant à appliquer les sanctions existantes et à recourir à des procédures d’urgence tout en organisant une augmentation des défèrements. Ensuite, la lutte contre toutes les violences au sens large, un domaine qui a très fortement augmenté en 2025, et enfin celle contre les atteintes à l’environnement.
Marlène Borde a aussi mis l’accent sur l’augmentation importante de la délinquance routière souvent due à une grande vitesse, à l’utilisation des portables et à l’usage de stupéfiants. Retenons aussi que 17 095 affaires nouvelles ont été enregistrées en 2025 (+ 8%). Cette augmentation s’explique notamment par la progression des affaires impliquant des majeurs identifiés, passées de 8 425 en 2024 à 8 625 en 2025. Soit une année très chargée marquée par 11 815 décisions et 1 898 saisines correctionnelles. Les procédures d’urgence ont connu, elle aussi, une croissance marquée en passant de 401 en 2024 à 553 en 2025.
Une nouvelle substitut du procureur
Après avoir présenté Dominique Meyer, nouvelle substitut du procureur, une Alsacienne qui après une longue carrière d’avocate dans les barreaux de Strasbourg et Metz est passée par la Cour d’Appel de Colmar, Jennyfer Picoury, la présidente du Tribunal judiciaire, a fait le point sur la situation de la juridiction en présentant l’activité de tous les pôles un an après son retour dans les Ardennes. Elle a rappelé avoir commencé sa mission ici avec un renfort d’effectif. Après avoir souffert de gros manquements en 2023 et 2024, le TJ fonctionne, aujourd’hui, quasiment normalement. « Cela nous a permis de reprendre les contentieux qui avaient été freinés ». Jennyfer Picoury s’est félicitée d’oeuvrer avec une équipe motivée, extrêmement engagée et solidaire dans la réponse civile et pénale tant au siège qu’au parquet. « Globalement, en l’état des effectifs, on absorbe toutes les affaires nouvelles grâce aux juges et à l’aide des greffiers. Les stocks existent toujours comme dans d’autres juridictions, ce qui nous amènera à établir un plan différent de résorption en renforçant certains secteurs. Car si des affaires se prêtent à un traitement rapide, d’autres nécessitent plus de temps ».
Elle a aussi constaté que le tribunal s’était modernisé en étant à la pointe dans beaucoup de domaines, notamment le numérique. Pour la Présidente, les points d’attention sont les injonctions à payer afin de rassurer les créanciers et les requêtes des personnes vulnérables (1 601 en attente dans le département), une autre priorité.
Une activité record qui nécessite encore des renforts
Concernant l’année 2026, la présidente du tribunal judiciaire fonde beaucoup d’espoirs sur l’aboutissement de la loi de programmation pour obtenir la nomination de magistrats supplémentaires. « Ce qui serait justifié au vu de l’essor des affaires pour lesquelles nous sommes saisis. » 70 % de l’activité du tribunal relève du civil : 1 289 affaires familiales nouvelles, 687 affaire en contentieux de proximité à Charleville-Mézières et 257 à Sedan, 376 affaires sociales et 40 nouvelles procédures collectives. Au terme de cette audience solennelle de rentrée, Jennyfer Picoury a de nouveau félicité l’équipe qui l’entoure. « Je suis particulièrement reconnaissant à eux pour leur engagement dans nos projets ainsi qu’au barreau, au bâtonnier et aux avocats qui cherchent eux aussi à faire mieux pour répondre aux justiciables qui ont des attentes de plus en plus immédiates alors que la justice nécessite parfois du temps ». Avant de conclure : « Cela s’appelle du collectif et force est de constater que le vivre ensemble est ancré dans ce territoire ».