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130e année

Un PAT pour structurer la production locale

Alimentation. Le Département et la chambre d’agriculture de l’Aube s’associent pour coordonner et soutenir les initiatives de proximité grâce à un Plan Alimentaire Territorial.

C’est dans les locaux du Département que s’est tenu le premier comité de pilotage du Plan Alimentaire Territorial de l’Aube. Laurent Locurcio

Coordonner les initiatives locales visant à « relocaliser l’agriculture et l’alimentation dans les territoires » est l’un des objectifs du PAT (Plan Alimentaire Territorial) de l’Aube, dont le premier comité de pilotage vient de se tenir. L’idée de cette démarche lancée par le ministère de l’Agriculture est notamment de « favoriser l’installation d’agriculteurs, la mise en place de circuits courts, les produits locaux dans la restauration collectivité et enfin l’éducation alimentaire ». Dans l’Aube, le Département et la chambre d’agriculture se sont associés pour lancer le PAT de l’Aube, labellisé par le ministère de l’Agriculture. Produire davantage pour les consommateurs aubois, « est aussi une réponse aux problèmes économiques, les producteurs aubois peuvent le faire à condition de trouver des solutions en matière de logistique et distribution », note Alain Boulard, président de la chambre d’Agriculture de l’Aube.

Selon les chiffres de la chambre consulaire, l’Aube compte environ 250 producteurs en circuit court, hors vignerons, soit à peine 10 % des agriculteurs aubois. En moyenne nationale, plus de 20 % des agriculteurs d’un département produisent en circuit court. Bien entendu, en volume, l’agriculture auboise est très exportatrice dans des circuits longs, avec des transformations réalisées très largement en dehors du département. Un obstacle au développement de circuits courts étant par ailleurs celui du manque local de structures de transformation. C’est le cas pour la viande par exemple, avec moins de 700 tonnes de bovins et porcins abattus dans l’Aube par an. « La dimension partenariale permet, à travers le plan de relance, de financer la modernisation de telles structures », souligne le préfet de l’Aube, Stéphane Rouvé.

Un département logisticien

En matière de distribution, le circuit court alimentaire commence à se structurer. Le département compte déjà trois magasins de producteurs, un drive fermier et 11 distributeurs automatiques. À cela s’ajoute le reste, comme la vente à la ferme, sur les marchés et dans les magasins alimentaires. « Au niveau du Département, nous avons lancé une plate-forme de circuits courts, mangerlocal.aube.fr, permettant de fournir en produits locaux les 25 collèges publics de l’Aube et le centre départemental de l’Enfance », rappelle Philippe Pichery, président du conseil départemental de l’Aube.

Pour solutionner la problématique logistique, le Département assure lui-même le stockage et la livraison des produits locaux auprès des cantines des collèges. L’objectif étant de parvenir à une part supérieure à 50 % de produits bio ou bénéficiant d’une appellation, d’un label ou d’une indication de qualité, notamment dans la restauration collective. La demande des consommateurs est là, et le PAT de l’Aube devrait permettre de structurer l’offre. Par exemple en mettant l’accent sur la formation des agriculteurs aux pratiques des circuits courts ou encore en favorisant l’installation de producteurs locaux lors des transmissions d’exploitations agricoles dans le département.

Laurent Locurcio