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Un nouvel élan attendu pour 2026 dans la Marne

Perspectives. Alors que l’année 2025 a été riche en rebondissements politiques, entraînant un blocage partiel du pays, avec des réformes repoussées et un budget toujours incertain, les collectivités et les entreprises essaient de se projeter en 2026. Elles espèrent un nouvel élan, provoqué par les élections municipales notamment et devant apporter une visibilité pour redonner confiance et optimisme. Les projets devant sortir des cartons sont ainsi ceux initiés depuis plusieurs mois voire quelques années déjà, avant un nouveau cycle pour le second semestre 2026.

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Le quartier des Berges de Reims promet d’être transfiguré entre les écoles Neoma et Esad ainsi que le nouveau programme de logements.(Crédits : VILLE DE REIMS)

Dans la Marne, les projets attendus en 2026 correspondent pour l’essentiel à des opérations lancées de longue date, parfois depuis plusieurs années, et dont certaines ont connu des retards significatifs. À Reims, les principaux projets structurants concernent notamment les nouvelles écoles Néoma BS et Esad, ainsi que l’aménagement du quartier des Berges de Reims, avec la construction de logements et des requalifications urbaines. Le projet du Musée des Beaux-Arts, en revanche, ne devrait pas aboutir avant 2027. À Châlons-en-Champagne, l’année 2026 s’annonce placée sous le signe du cirque, mais aussi d’une forte dynamique d’investissement et de soutien aux entreprises. Celle-ci est portée par les équipes en charge du développement économique, particulièrement actives et innovantes, comme en témoigne la mise à disposition d’une cartographie du foncier disponible à destination des sociétés. Plus de détails dans les lignes qui suivent.

Un chantier hors normes pour le campus neoma à reims

Le chantier du futur campus de Neoma Business School à Reims progresse dans un calendrier particulièrement contraint, marqué par de fortes exigences techniques et réglementaires. Imaginé par l’agence d’architecture danoise Henning Larsen, le projet se distingue par son ampleur et son ambition architecturale, encore peu courante en France pour un bâtiment de cette envergure. Le futur campus développera 35 000 m² de surface sur un site de 18 000 m² et pourra accueillir jusqu’à 4 700 étudiants. Il comprendra 85 salles de cours, un auditorium de 750 places, un vaste atrium et des espaces ouverts favorisant les usages pédagogiques contemporains. L’investissement total s’élève à 136 millions d’euros. Les travaux, engagés dès 2022 et entrés dans leur phase structurante en 2024, doivent s’achever à l’été 2026, avec une commission de sécurité prévue en juin et une rentrée des étudiants programmée en septembre.

Un bâtiment iconique pour l’ esad de reims

Les travaux du nouveau bâtiment de l’École supérieure d’art et de design (ESAD) avancent rapidement, avec une livraison prévue en juin 2026 et une ouverture à la rentrée. Situé avenue Brébant, à proximité immédiate du futur campus de Neoma, l’édifice se veut « iconique » et emblématique du projet culturel porté par le Grand Reims. Conçu par l’architecte Jean-Pierre Lott et réalisé principalement en béton, le bâtiment se distingue par une architecture ambitieuse faite de courbes, d’arches monumentales, de porte-à-faux et d’un vaste hall de 30 mètres de hauteur évoquant une cathédrale. D’une surface totale de 10 000 m², il offrira environ 2 500 m² supplémentaires par rapport aux locaux actuels et permettra d’accueillir 240 étudiants, réunis sur un site unique à partir de l’été 2026. Pensé en étroite concertation avec les équipes pédagogiques, le futur ESAD favorisera une pédagogie innovante, la mutualisation des espaces et l’ouverture au public. Il intégrera des ateliers professionnels (bois, métal, céramique, façonnage), un grand atrium central, un amphithéâtre de 250 places, des salles de cours, des espaces d’exposition, un centre de documentation, ainsi qu’un rooftop destiné à des événements culturels, équipé d’un jardin pédagogique et de panneaux photovoltaïques. Le projet, d’un coût estimé à 42 millions d’euros TTC, est financé majoritairement par le Grand Reims, avec le soutien du ministère de la Culture, de la Région et de partenaires privés.

Un nouveau quartier sur les berges de reims

Le futur quartier des Berges accueillera principalement un public jeune, avec près de 5 000 étudiants de Neoma et de l’ESAD. Le site dans son ensemble comprendra plusieurs programmes de logements, dont une cinquantaine d’unités mêlant locatif intermédiaire et accession à la propriété, ainsi qu’un vaste ensemble résidentiel à l’ouest totalisant 380 logements répartis en sept bâtiments, intégrés à des jardins partagés. Dans le cadre du projet urbain Port Colbert, sur le site des Magasins Généraux, La Fabrique espaces publics, un service du Grand Reims, conduit des aménagements de voiries et d’espaces publics parallèlement à l’avancement de plusieurs opérations de construction. Ainsi, une voie traversante sera livrée en 2026 : l’allée des Magasins généraux. Cette dernière reliera la rue Pierre Maître au boulevard Brébant, qui longe le canal de l’Aisne à la Marne, et desservira le campus de NEOMA BS. Deux espaces végétalisés sont également planifiés. En septembre 2026, sera livré le parvis de l’ESAD (Le Bosquet) qui accueillera un peu plus tard une oeuvre conçue par des étudiants de l’école. Les plantations auront lieu pendant l’hiver 2026-2027. À noter également, en septembre 2026 débutera la création du parc des Magasins généraux (parc des Écoles), à proximité immédiate du bâtiment emblématique de cet ancien site industriel. De son côté, Kaufman and Broad aménagera des voies traversantes et îlots végétalisés, selon l’avancement de ses propres opérations. Il s’agira en premier lieu, en septembre 2026, de la livraison de l’allée de l’ÉSAD. Reliée à la rue Pierre Maître, cette voie desservira une résidence étudiante de 300 places puis, le campus d’Art et de Design. La Fabrique des espaces publics aménage également la rue Pierre Maître pour permettre la desserte du secteur des Magasins Généraux par une ligne de bus à haut niveau de service : la LHNS 1. Cette dernière reliera le quartier au campus du Moulin de la Housse. Pour connecter ce futur quartier à l’eau, lors du 2e semestre 2026, débutera la première phase d’aménagement du boulevard Brébant en un site végétalisé, dédié aux modes doux.

Extension du réseau de pistes cyclables du grand reims

Dans le cadre de son schéma cyclable Grand Reims à vélos, le Grand Reims prévoit de réaliser, en 2026, un itinéraire cyclable permettant de relier les aménagements existants de la ZAC de Bezannes à ceux de l’avenue François Mauriac, au sud du campus Croix-Rouge. D’une longueur de 685 mètres, cet aménagement consiste en la création d’une piste cyclable bidirectionnelle en enrobé drainant, la refonte du cheminement piéton afin de le rendre confortable et conforme aux normes d’accessibilité, ainsi que la reprise des structures de récupération des eaux pluviales, du revêtement de chaussée et de l’éclairage. Cette continuité cyclable est fortement attendue par les usagers du CREPS, les habitants de Bezannes et les entreprises du secteur.

Le cirque, pilier de la nouvelle identité de châlons-en-champagne

Face à la perte de son identité historique liée au départ des forces militaires et de certains services administratifs, Châlons-en-Champagne a engagé une réflexion de fond pour renforcer son attractivité. Sous l’impulsion de son maire, Benoist Apparu, la Ville a choisi de faire du cirque le marqueur central de son identité. Ce choix s’appuie sur un écosystème déjà existant et reconnu : le Centre national des arts du cirque (CNAC), le festival Furies, appelé à devenir une vitrine grand public du cirque, et le PALC, Pôle national des arts du cirque. Pour incarner visuellement et culturellement cette ambition, la Ville projette la création d’un musée du cirque doté d’un bâtiment emblématique, mêlant espace d’exposition, de création, de diffusion et de production. Conçu par le cabinet Moatti-Rivière, l’édifice s’inspirera du chapiteau de cirque dans une version contemporaine, pensée comme un lieu vivant, à la croisée du patrimoine et de l’art vivant. Le musée présentera des collections labellisées Musée de France, enrichies notamment par des donations majeures. Estimé à 32 millions d’euros, le projet est financé par la Région, l’État et la Ville. Attendu pour 2029, il ambitionne d’accueillir entre 50 000 et 80 000 visiteurs par an et de générer des retombées économiques et touristiques significatives.

Le musée des beaux-arts de reims devrait ouvrir… en 2027

Annoncé pour fin 2025, le musée des Beaux-Arts ne devrait pas ouvrir avant…2027. Le chantier de rénovation et d’agrandissement du musée des Beaux-Arts de Reims, engagé en 2023, accuse un retard de 13 mois en raison d’aléas techniques et de fouilles archéologiques. La réouverture du musée est désormais programmée pour début 2027. Fermé depuis 2019, l’établissement proposera à terme un parcours d’exposition entièrement repensé, avec 1 300 oeuvres présentées sur une surface triplée atteignant 3 800 m². Le projet, piloté par le cabinet international Aires Mateus Arquitectos et avec un budget de 54 millions d’euros proposera une expérience culturelle nouvelle. Le musée dévoilera des trésors inédits, dont l’imposante donation Foujita (1 300 dessins), la collection de céramiques Pommery (597 pièces) et une galerie de sculptures. Les visiteurs exploreront aussi cinq salles d’époque reconstituées, mettant en scène les styles Art nouveau et pourront composer librement leur parcours de découverte, en accédant directement aux trois grandes sections depuis l’accueil (XVIe-XVIIIe, XIXe, XXe siècle).

Épernay : le futur pôle d’échanges multimodal et sa passerelle piétons

Le secteur de la gare d’Épernay est en pleine transformation pour devenir un Pôle d’Échanges Multimodal (PEM), projet porté par l’Agglomération et la Ville, visant à repenser le parvis et les gares routières et à créer un espace central dédié à la mobilité. Les travaux, commencés en septembre 2024, et comprenant la réorganisation des gares urbaines et scolaires, la végétalisation du site, des parkings de courte durée, ainsi que des aménagements pour piétons et cyclistes, incluant arceaux vélos, consignes sécurisées et Maison du vélo devaient être terminés en 2026. Parallèlement, une passerelle pour piétons et cyclistes est en cours de réalisation afin de relier le centre-ville au futur quartier des Berges de Marne en enjambant la gare SNCF. Longue de 170 mètres et réalisée en béton fibré ultra-haute performance, elle comptera deux voies séparées et sera équipée de gradins, de rampes d’accès, de garde-corps, d’éclairage et d’ascenseurs. La construction qui a débuté fin août 2024 a connu un arrêt en avril 2025 pour remplacer des éléments défectueux. Le projet accuse ainsi un décalage de 8 à 9 mois, et la passerelle ne devrait pas être empruntable avant l’été 2026.

Côté entreprises, à châlons, une cartographie pour faciliter l’implantation des entreprises sur le territoire

Depuis novembre 2025, Châlons Agglo innove en mettant à disposition des porteurs de projets une cartographie en ligne dédiée à l’identification des parcelles disponibles sur le territoire. Cet outil a pour objectif de simplifier les démarches d’implantation d’entreprises, en offrant une vision claire des opportunités foncières et immobilières. Développée en interne par la Direction des Systèmes d’Information (DSI), le Service d’Information Géographique (SIG) et le service Développement Économique, cette cartographie répond à une volonté politique portée par les élus, qui souhaitent renforcer la découverte et l’appropriation des espaces économiques du territoire. Elle a pour objectif de simplifier les démarches d’implantation des entreprises, en offrant une vision claire et interactive des opportunités foncières et immobilières. Consultable 24h/24, 7j/7 et mis à jour en temps réel, la cartographie permet aux entrepreneurs de visualiser en autonomie et instantanément les zones d’activités, les projets en cours, le foncier disponible ainsi que les réseaux et les mobilités. En réduisant les allers-retours avec le service, la cartographie facilite la prise de contact et optimise le temps des échanges. Grâce à différents filtres (par superficie, par vocation de zone…), les utilisateurs identifient les parcelles adaptées à leur projet et peuvent se projeter concrètement. Elle offre une vision immédiate et claire du territoire, avec une vue d’ensemble des 37 zones d’activités de l’agglomération. Les données permettent d’évaluer rapidement la faisabilité d’un projet. Les informations techniques, comme les réglementations, les surfaces, les accès ou les raccordements, sont directement visibles, accélérant ainsi le processus d’analyse.

Cinéma et bioéconomie au menu de reims business

À terme, le site accueillera des studios de tournage, des ateliers techniques, des plateaux flux ainsi que des espaces de postproduction.(Crédits : PINGAT)

Le territoire rémois s’apprête à franchir une nouvelle étape de son développement avec plusieurs projets d’envergure, appelés à transformer durablement le paysage économique, universitaire et urbain dont des Studios de cinéma et un pôle encore développé dédié à la bioéconomie. Implantés sur 45 hectares et portés par un investissement de 100 millions d’euros, les Studios de Reims incarnent une ambition forte : faire du territoire le plus grand pôle cinématographique de France. Désaffectée depuis plusieurs années, la base aérienne BA112 fait aujourd’hui l’objet d’un ambitieux projet de réhabilitation. Situés à seulement dix minutes du centre-ville et développés en collaboration avec Mediawan, les studios visent à attirer les meilleurs talents européens et internationaux. Un objectif en bonne voie puisque depuis 2024, pas moins de 14 producteurs ont déjà choisi Reims comme décor pour leurs réalisations, confirmant l’attractivité croissante du site et son potentiel dans l’industrie audiovisuelle. Le bureau d’études Pingat est mobilisé sur l’ensemble des aspects techniques de cette transformation.

Autre projet structurant, la ZAC Bioéconomie du Grand Reims va s’agrandir sur 60 hectares à l’horizon 2026-2027, pour un investissement de 28 millions d’euros. Développée autour de la bioraffinerie de Bazancourt–Pomacle, cette ZAC entend renforcer l’essor industriel et économique d’un site déjà reconnu pour son dynamisme et son caractère innovant. Le projet s’inscrit dans la continuité d’une zone industrielle qui emploie aujourd’hui plus de 2 000 salariés et confirme le positionnement du territoire comme pôle majeur de la bioéconomie à l’échelle nationale.