Informations régionales économiques et juridiques
130e année

Tréfimétaux supprime 117 emplois mais sauve sa fonderie

Industrie. Les syndicats représentatifs de la SAS Tréfimétaux de Fromelennes ont signé le 25 avril un accord sur les mesures sociales d’accompagnement du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui engendrera 117 suppressions de postes.

L'usine Tréfimétaux vue de haut
L’usine Tréfimétaux de Fromelennes employait encore 1 200 personnes dans la fin des années 1970.

La signature de cet accord collectif majoritaire est intervenue après trois mois de négociations entre la direction et les organisations syndicales CFDT et CFE-CGC. L’usine Tréfimétaux cesse sa production de tubes en cuivre destinés principalement à servir de canalisations pour le bâtiment. Conséquence directe : 117 emplois sont supprimés. Seule l’activité fonderie et sa quarantaine de salariés sont sauvegardés.

PERTE CUMULEE DE 67,5 M€

Le 13 janvier dernier, la direction de Tréfimétaux, filiale à 100% du groupe multinational d’origine italienne KME, avait justifié cette restructuration en mettant l’accent sur les difficultés économiques récurrentes de l’entreprise « avec des résultats extrêmement négatifs de près de 11 millions d’euros par an ces dernières années ». Soit une perte cumulée de 67,5 millions d’euros depuis 2015 pour un chiffre d’affaires de 118 millions d’euros en 2020. Pour expliquer le transfert de la seule tuberie française de cuivre sur le site italien de Serravalle Copper Tubes dans le Piémont, les actionnaires de KME ont évoqué l’inadaptation de l’outil industriel local en surcapacité de production en raison de l’effondrement du marché et la hausse du prix du cuivre, matière par ailleurs abandonnée par les plombiers.

La direction de Tréfimétaux a mis en place des mesures d’accompagnement : un « congé de reclassement senior » (pré-retraite) et un autre « classique » porté à 15 mois et 18 mois pour les salariés fragilisés et ceux de plus de 50 ans. Diverses mesures d’accompagnement au retour à l’emploi ont aussi été mises en place comprenant notamment la formation, la création ou la reprise d’entreprise ou encore l’aide à la mobilité géographique. Les services d’une antenne emploi destinée à faciliter le reclassement des salariés touchés par ce PSE et des indemnités de rupture majorées complètent ce dispositif. Cet accord sera mis en œuvre après validation de l’administration du travail.

Tréfimétaux, après cette restructuration, n’emploiera plus que 137 salariés répartis entre Fromelennes, Niederbruck et Paris, scellant l’ancestrale filière cuivre ardennaise, existante depuis 1787…

Pascal Remy